À Chauvigny-du-Perche, la famille Habert produit en harmonie avec ses valeurs

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La famille Habert ‒ Denis, sa femme Isabelle, Étienne son frère ‒ aidés d’une dizaine de salariés démontrent que vivre du bio est tout à fait possible. Avec la satisfaction, en bonus, de produire et vendre des produits de qualité, respectueux de la santé ‒ aussi bien celle des producteurs que celle des consommateurs… et au passage de la planète ! Rencontre in situ.

La ferme de Beauchêne à Chauvigny-du-Perche s’étend sur 210 hectares convertis en bio depuis l’an 2000, « par respect de la nature, de la planète et des gens. » Denis Habert s’inquiétait depuis un moment de la dégradation rapide de la biomasse, de la perte de richesse des sols en micro-organismes. Il suivait donc de près tout ce qui s’écrivait et se disait sur le sujet. Le questionnement est quotidien. Un jour, alors qu’il travaille ses champs, c’est la révélation. « J’étais sur mon tracteur, et, d’un seul coup, le passage de la ferme en bio est devenu une évidence pour moi. »

Des débuts difficiles

Mais pour vivre du bio, cela implique de vendre sa production en direct. Avec une grosse émotion dans la voix et quelques larmes essuyées, Denis raconte. « Excusez-moi, à chaque fois que j’en parle, cela me fait cet effet. Je suis allé à la rencontre du consommateur en faisant du porte-à-porte. Le premier jour, j’ai vendu deux douzaines et demie d’œufs. Les débuts n’ont pas été faciles. »
Nourries avec les céréales de la ferme et bénéficiant d’une vie paisible en plein air, le millier de pondeuses de la ferme produit de bons gros œufs frais ramassés chaque jour. Leur qualité se communique rapidement de bouche-à-oreille et les clients se fidélisent. Aujourd’hui, 512 douzaines sont commercialisées chaque semaine.

Une production variée

Les œufs ne représentent pas la seule production de la ferme de Beauchêne. Poulets (26 000 par an sont vendus), pintades, viande bovine de la race Salers, huiles (colza, tournesol), vinaigre de cidre, cidre percheron du verger de Beauchêne, lentilles vertes, pommes de terre… et produits transformés (rillettes, plats cuisinés…) à partir des volailles et bovins élevés sur la ferme et nourris à l’herbe et aux céréales récoltées sur la ferme.

La qualité à prix accessible

Des produits que le consommateur peut se procurer sur la ferme mais aussi dans les Amap(1) locales et parisiennes (Massy, Bourg-la-Reine, Arcueil) ou encore sur les marchés de Blois, Vendôme (bio) et Mondoubleau ainsi que ceux d’Amboise, de Tours et d’Orléans. « Nous ne vendons que ce que nous produisons et nous produisons que ce que l’on vend ! » insiste Denis Habert. « Cela ne sert à rien de produire, produire si c’est pour jeter », ajoute-t-il. « Nous avons fait le choix de la qualité tout de suite à prix accessible. Nous innovons également avec de nouvelles propositions une à deux fois par an. Nos clients n’hésitent pas à se déplacer pour s’approvisionner et patienter parfois un bon moment avant de pouvoir être servis sur les marchés. Cela me chagrine parfois, mais eux me disent qu’ils préfèrent attendre pour avoir nos œufs. »

Un projet de magasin à Vendôme

En dix-douze ans, l’activité de la ferme de Beauchêne s’est bien développée. L’exploitation familiale emploie dix personnes « et quinze au total avec les vendeurs sur les marchés. » Actuellement, avec une dizaine de producteurs complémentaires en bio, Denis et son épouse Isabelle travaillent sur un projet d’ouverture de magasin à Vendôme pour fin 2019.

Annette Fluneau

1 – Association pour le maintien d’une agriculture paysanne.

Info +
Tél. 02 54 80 51 89 – gaecdelagrenne@wanadoo.fr
www.famillehabert.com

© Laurent Alvarez

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