Alexis Guimont

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Rencontre avec Alexis Guimont, 22 ans, médaillé d’or à la Worldskills Competition 2017

En ce jour de janvier, Alexis Guimont nous reçoit dans la maison familiale de Concriers. Depuis sa médaille d’or (en plâtrerie et construction sèche) à la Worldskills Competition ou Olympiades des métiers, qui a réuni 62 pays à Abu Dhabi (Émirats arabes unis) du 14 au 19 octobre 2017, le jeune artisan – alors en apprentissage au CFA BTP de Blois – est beaucoup sollicité… Pour rappel, cette compétition internationale permet aux meilleurs jeunes professionnels (apprentis notamment) de se confronter dans un même lieu. Cet événement de très haut niveau valorise les métiers techniques, manuels et artisanaux. Exemples : carrelage, boulangerie, peinture automobile, taille de pierre, cuisine ou arts graphiques et prépresse (avec une médaille d’excellence pour la Blésoise Sandy Champion).

Loir&Cher le mag : Pour accéder à ce niveau de compétition, l’entraînement est énorme ?
Alexis Guimont : Oui, c’est entre 700 h et 1 000 h d’entraînement, sans compter les stages d’entraînement physique ! On doit s’entraîner sur tous les sujets possibles qui peuvent tomber (avant, on avait le sujet six mois à l’avance… là, c’est le samedi matin !) Et avec l’équipe de France, on est parti une semaine. On se sert du sport pour se dépasser, on fait des exercices contre la fatigue, le stress.

Loir&Cher le mag : Qu’est-ce que ça apporte vraiment ?
A. G. : Au niveau professionnel, on apprend beaucoup plus vite ; c’est une formation gratuite ! Ça apporte beaucoup plus qu’un diplôme. Et puis, j’aime les défis, j’aime me surpasser, ça devient une habitude. Et puis, c’est drôle, quand on atteint le top niveau, ça change le regard des gens, on est un peu « la star » !

Loir&Cher le mag : Comment décririez-vous cette expérience ?
A. G. : Grandiose ! C’est un accomplissement du travail et une reconnaissance du métier. Le concours, il faut être dedans. On sait déjà ce qu’on vaut avant d’aller sur place. Pendant la compétition, je ne changeais pas assez de rythme, mais j’ai toujours fini dans les temps. Il faut rester concentré. Avec les autres jeunes de l’équipe de France, on a la même envie, la même détermination. Ça crée un lien fort, on va tous se recroiser. Il y a vraiment un esprit d’équipe.

Loir&Cher le mag : Quel effet ça fait quand on entend son nom dans une telle compétition ?
A. G. : On y croit surtout quand on rentre en France ! Après un an et demi de préparation, on est toujours dans la compétition. Sur place, il y a beaucoup de pression. Vingt ans après Julien Renard (l’expert métier présent) qui avait obtenu une médaille d’or aussi (en 1997, en Suisse), on a pleuré !

Loir&Cher le mag : Justement, le 2 décembre 2017, vous avez été accueilli à l’Élysée par le président de la République ?
A. G. : Oui, c’est grandiose ! J’y suis allé avec ma copine, on était invités. C’est impressionnant, tout est organisé à la minute près… On représente vraiment quelque chose, une région, la France : on a beaucoup de reconnaissance.

Loir&Cher le mag : Vous voyez l’avenir comment ?
A. G. : Côté projets, je reste tranquille. Je travaille maintenant chez mon père, avec mon frère, qui a quatorze ans de plus que moi. Dans deux ou trois ans, on va reprendre l’entreprise familiale (Guimont José). Dans l’immédiat, on va rattraper le retard pris en entreprise… Je pense que je me lancerai en 2020 pour le concours de Meilleur ouvrier de France (MOF), mais ça sera le dernier concours. Je voudrais le faire en maçonnerie et plâtrerie. Mais là, on est vraiment tout seul.


Photos © Marianne Lartigue

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