Aurélien, photographe, commente sa photo

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Et si, une fois n’est pas coutume, on demandait aux photographes de commenter leur travail ? Aurélien Charron, photographe (entre autres) au Conseil départemental, a accepté de revenir sur une image réalisée pour ce numéro estival. Il en explique un peu les coulisses et donne surtout son sentiment sur le résultat final.

les prairies du Fouzon

(page 46-47, photo réalisée avec un drone, NDLR)

« Je me suis greffé à une sortie naturaliste réalisée sur l’espace naturel sensible des prairies du Fouzon, à Couffy (vallée du Cher). Une autre photographe, Marianne Lartigue, était aussi présente pour le hors-série Loir & Cher le mag (on la voit en haut à gauche sur la photo).
Ce jour-là, la sortie se faisait avec plusieurs groupes qui observaient les insectes, les oiseaux et une sortie était organisée pour les enfants. J’aime la nature, et ça m’aurait ennuyé d’embêter les oiseaux avec mon drone, ça fait un peu de bruit quand même !
On est arrivés vers 9 h 30. J’ai tout de suite repéré les lieux pour voir s’il n’y avait pas de lignes électriques, d’avions, d’obstacles mobiles ou immobiles, de forêts alentour, d’antennes, etc. En fait, il faut trouver une zone plate et propre pour faire décoller le drone. Ensuite, je me suis concentré sur les gens. J’avais envie de faire une photo originale et pas une prise de vue « normale ».
Au départ, j’ai fait des prises de vue en hauteur, à 80 m d’altitude, puis j’ai baissé, là on est à 10 m. Est-ce que les personnes présentes entendent le drone ? Oui, ça fait un peu de bruit, elles regardaient surtout quand le drone perdait de l’altitude.
Quand la photo est prise, les participants sont en train de chercher des insectes. J’ai moi-même déniché des petites araignées, un papillon et même une belle guêpe ! On s’est tous pris tous au jeu… Le monsieur qui commentait était très intéressant et tous les participants, d’ailleurs, avaient des choses à dire. C’est un public de connaisseurs, qui a l’habitude d’observer.

Pourquoi j’utilise un drone ? Ça casse la verticalité d’une photo. Au sol, on se sent trop petit sur ces espaces immenses. Avec un drone, on a un point de vue en hauteur.
Sur ce genre de prises de vue, j’ai le retour image sur mon téléphone mobile, c’est pratique.
J’aurais pu rester toute la journée avec le groupe. On a du mal à imaginer la densité de vie dans une prairie comme celle-ci, c’est vraiment impressionnant. On se croirait dans le film Microcosmos ! Il faut que l’œil s’habitue et on découvre un vrai trésor au sol !
Cette photo me plaît car elle surprend. Par exemple, les traces présentes sur l’image, c’est nous ! Ce sont des traces humaines…  »