Beauregard : un condensé de pépites

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À Cellettes, le château de Beauregard fait partie de ces petits châteaux qui peinent à exister à côté des vedettes aux milliers de visiteurs. Il recèle pourtant de biens jolis trésors qui méritent amplement une visite.

Encore un château caché dans les arbres, au cœur de la forêt de Russy, en limite de Blois. Ne serait cette immense pancarte qui le vante sur la RD 956, entre Blois et Contres, on passerait à côté sans le voir. Son propriétaire, Guy du Pavillon, s’en désole presque : « Vous, vous savez pourquoi Beauregard reste aussi peu connu ? » Il est vrai qu’il est difficile d’exister à côté du trio de tête Chambord-Cheverny-Blois… Mais pour qui prend le temps de sortir un peu des sentiers battus, le château de Beauregard cumule pourtant de nombreux atouts.

Un parc diversifié

Son parc de 40 ha, d’abord, où des pancartes revendiquent le droit « de marcher, s’allonger et pique-niquer sur les pelouses ». Une injonction suffisamment rare pour la suivre illico ! Classé à l’Inventaire des Monuments historiques en 1992, le parc – aménagé à l’anglaise au XVIIIe siècle –, a connu une nouvelle vie grâce au paysagiste Gilles Clément, célèbre pour avoir réalisé le parc André-Citroën ou le jardin du Musée du Quai-Branly à Paris. Les espèces d’arbres ont été renouvelées au point de représenter aujourd’hui 90 variétés différentes. Surtout, le parc a été aménagé pour ouvrir de multiples horizons selon l’endroit où l’on se trouve, et c’est tout à fait réussi tant les impressions diffèrent. Il faut notamment s’enfoncer jusqu’au jardin de terre de bruyère qui entoure les vestiges de la petite chapelle : un espace à l’abri des regards, tout aussi magique que paisible.

Le jardin des Portraits

Mais la grande réalisation de Gilles Clément, c’est bien le jardin des Portraits, en écho à la galerie du même nom à l’intérieur du château : douze parterres compartimentés, inspirés des personnages ou événements contés dans la galerie, selon un jeu de couleurs distinctes par parterre. La même galerie a inspiré le sentier des Savoirs qui égrène des anecdotes historiques au fil des énigmes posées par les illustres portraiturés. Un sentier ombragé très agréable qui serpente à travers les arbres…

Portraits et grelots

C’est donc cette fameuse galerie des Portraits, réalisée entre 1617 et 1690, qui a rendu célèbre le château. Ici s’affichent 327 illustres personnages de l’époque, en France et dans le monde : si l’on y trouve Catherine de Médicis, Henri II ou Charles IX, s’y côtoient également des papes, des rois étrangers ou des sultans turcs. Et c’est précisément ce regard sur le monde au XVIIe siècle qui rend la visite passionnante.
Outre cette galerie immanquable, le château cache une dernière pépite, en fin de visite : le cabinet des Grelots. Entièrement recouverte de boiseries sculptées et dorées et surmontée d’un plafond à caissons, la pièce de dimensions réduites est un véritable bijou d’ébénisterie !
Pourquoi le château de Beauregard reste-t-il méconnu ? Décidément une bonne question…
Alice Enaudeau

Info +
12, chemin de la Fontaine – 41120 Cellettes
Ouvert de mars à octobre.
Tarifs : à partir de 9 € (adulte) et de 5 € (enfant 5-13 ans). Gratuit moins de 5 ans. Forfait famille (2 adultes et 2 enfants de 5 à 13 ans) : 28 €.
www.beauregard-loire.com

© Cyril Chigot

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