Bérengère Thyreau réveille le ressortier de Mondoubleau

25 J'aime

1 commentaire

Arrière-petite-fille du fondateur des établissements Thyreau, Bérengère Thyreau a repris l’entreprise au mois d’avril. Rencontre avec une jeune femme enthousiaste, prête à donner une nouvelle vie au ressortier de Mondoubleau.

C’est une jeune femme discrète qui n’a pas vraiment envie de braquer la lumière sur elle et qui pèse chacun de ses mots. À 36 ans, Bérengère Thyreau vient de reprendre l’entreprise familiale de fabrication de ressorts à Mondoubleau. Parisienne, universitaire, elle n’était pas vraiment destinée à diriger une entreprise industrielle en Loir-et-Cher. Mais il était hors de question qu’elle laisse tomber l’entreprise familiale, sur le point d’être vendue ou fermée.
Elle a foncé et est venue découvrir l’entreprise. Pour s’immerger, apprendre le métier et s’assurer que le contact passerait bien avec l’équipe. « J’ai rencontré les salariés, je leur ai proposé un projet et ils ont eu envie d’aller de l’avant avec moi. Alors, je suis restée. » Car, pour elle, pas question de développer les Établissements Thyreau sans l’accord de l’équipe. Certains salariés, proches de la retraite, ont connu ses grands-parents actifs à l’usine. « Leur métier, ils le connaissent sur le bout des doigts », explique la jeune femme. « Pas question de les décevoir et de remettre en cause leur savoir-faire. »

Créer de l’emploi

Fabricants de ressorts de toutes tailles depuis trois générations, les Établissements Thyreau sont spécialisés dans les petites séries et les délais courts, ce qui leur permet d’être réactifs. Tout en s’appuyant sur cette souplesse et sur la production sur-mesure garante de qualité, Bérengère Thyreau envisage des investissements complémentaires pour assurer la pérennité de l’entreprise. Discrète, elle n’en dira pas plus. Tout au plus consent-elle à indiquer qu’elle souhaite reconquérir une clientèle locale en complément de la clientèle étrangère basée en Amérique du Nord et en Chine, qu’elle souhaite améliorer le service aux clients et s’adapter à la demande.
Ce qu’elle défend avant tout et sur quoi elle insiste, c’est la transmission du savoir-faire technique des salariés, qu’elle envisage grâce à un programme d’une embauche par an, pendant trois ans : « Chaque salarié connaît toutes les étapes de fabrication d’un ressort. Il faut qu’il puisse transmettre ce savoir-faire et son expérience. » Elle veut ainsi consolider l’équipe et fidéliser les nouveaux salariés en leur assurant l’accompagnement nécessaire pour être pleinement opérationnels après un an. « L’objectif, c’est de créer de l’emploi et d’avancer avec une équipe : je suis là pour fournir le matériel nécessaire à l’amélioration de la production et au développement de nouveaux produits. » Dans l’absolu, explique-t-elle, elle souhaiterait que chaque salarié soit en mesure de conseiller lui-même le client quant au produit dont il a besoin.

Une femme dans l’industrie

Le premier recrutement sera effectif en cette fin d’année. Et c’est une jeune femme qui va faire son entrée au sein d’une équipe très masculine. « Certains salariés ont connu les femmes sur les ateliers, ce n’est donc pas un problème, au contraire ! » Jeune femme dans un milieu très masculin, Bérengère Thyreau assure avoir eu « beaucoup de chance » avec l’équipe de Mondoubleau, dont l’ouverture d’esprit dans le domaine semble plus large qu’ailleurs. Car, elle l’a constaté au fil de son parcours professionnel, être une femme dans l’industrie est loin d’être un atout. « Les gens doutent dès qu’il s’agit d’une femme », assure-t-elle. Diriger une PME industrielle ne fait que renforcer le sentiment. Elle a donc dû tenir tête aux banquiers et doit faire régulièrement face aux regards méfiants. Aux Établissements Thyreau, c’est un homme qui gère l’administration. Il n’est donc pas rare que l’on s’adresse à lui au sujet de l’atelier plutôt qu’à Bérengère. Une inversion des rôles qui convient bien à la jeune femme. Car il en faut plus pour la décourager. Soutenue par les institutions locales, elle suit son cap pour « réveiller l’entreprise » et peu importe qu’elle ne colle pas à l’image de l’entrepreneur industriel. « Je ne supporte pas de faire quelque chose sans y croire. Ce qui me plaît dans mon rôle de chef d’entreprise, c’est que je peux fonctionner selon mes valeurs, c’est-à-dire ni au détriment de l’environnement, ni au détriment des gens. »

autre_berengere_thyreau

© Cyril Chigot

1 commentaire

  1. BRAVO
    Quel courage et quelles valeurs !!
    Toute mon admiration

    Bouix Jean-Ch

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.