Compostelle : pas un chemin, des chemins…

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Jacques Colas affiche 6 000 à 7 000 kilomètres au “compteur”. « Ce n’est pas énorme, dit-il, le président de notre association en totalise près de 20 000. » Des distances avalées à pied, comme les 260 000 pèlerins qui, en 2015, sont arrivés à Santiago de Compostela (Espagne), leur objectif final.

Le chemin, Jacques le prend pour la première fois en lci88_chemin_compostelle42008. « Compostelle, j’y pensais. Je suis parti pour 100, 200 km, je suis revenu trois mois plus tard après avoir parcouru 1 700 km. Compostelle, ça embarque ! » Depuis, il marche tous les ans, « sur différents chemins, avec des aventures, des rencontres nouvelles à chaque fois. » Une carte plaquée au mur recense tous les parcours réalisés au cours de ces huit années. L’Espagne à quatre reprises. « À chaque fois, j’ai atteint Saint-Jacques-de-Compostelle avec la même émotion, le cœur serré et des larmes plein les yeux tellement c’est beau ! » La Hongrie, l’Autriche et le Japon pour un pèlerinage de 1 300 km sur l’île de Shikoku. « Soit 88 temples à visiter, 49 jours de marche et 10 kg en moins pour moi. » Mais des souvenirs en pagaille et des contacts précieux « pour y retourner. J’aime voir, comprendre et je n’ai pas tout compris de cette culture. C’est pourquoi je vais retourner au Japon. »

Voyager léger

lci88_chemin_compostelle3Chaque départ donne l’occasion à Jacques d’alléger son sac. « Plus ça va, plus il s’amaigrit ! » Son poids ? « Pas plus de 8 kg, sans compter l’eau. » L’inventaire à la Prévert du sac à dos de Jacques est rapide : un tee-shirt, un short, un pantalon de randonnée, un slip, une polaire, une veste de pluie très légère, une paire de tongs pour le soir. Du shampooing, une serviette de bain, un duvet, un peu de pharmacie, des raisins secs pour les fringales, un appareil photo, un MP3, un chargeur et éventuellement un maillot de bain. « Et la credential ! Le passeport du pèlerin que l’on se doit de faire tamponner chaque jour pour accéder aux auberges. » Ce qui permet aux pèlerins de dormir sous un toit pour 7 euros la nuit. « Bien sûr en dortoir et en lits superposés », complète Jacques avec un petit sourire.

Marcher fait se sentir libre

lci88_chemin_compostelle2« Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige… il faut avancer. C’est un besoin ! Si on s’arrête, on a l’impression de reculer. » Pourquoi continuer à marcher ? « Parce que l’on se sent bien dans sa tête. On a besoin de peu et on se sent libre. Par plaisir de faire des rencontres inattendues, avec des personnes du monde entier. De partager, d’échanger dans la simplicité. » Avec des femmes, « de 18 à 70 ans », des hommes. « Chacun(e) marche sur le chemin poussé(e) par une raison ou une autre, mais tous cherchent la même chose : se vider la tête. Notre monde devient fou, cela fait du bien de lâcher prise et de s’éloigner de cette folie. »  Annette Fluneau

Info +
www.chemin-compostelle.fr

Le Vendômois Jacques Colas marche depuis le début avec son bâton de pèlerin (le bourdon), qu’il a fait faire pour son premier pèlerinage.

Le Vendômois Jacques Colas marche depuis le début avec son bâton de pèlerin (le bourdon), qu’il a fait faire pour son premier pèlerinage.

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