Des abeilles en classe

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Miel alors !

Le collège Joseph-Crocheton, à Onzain et les 686 élèves qu’il accueille, s’inscrivent dans un projet d’établissement « Volet développement durable ». Parmi les actions conduites en ce sens, la plus marquante fait référence à l’implantation de trois ruches de production et à la création, en lien, d’un potager à tendance mellifère. Un projet dont se sont emparé « à bras le corps » les élèves de 6e comme leurs parents.

L’idée germe dans les têtes en 2010-2011. « Nous avons présenté un projet de potager et de mise en place d’un rucher intitulé “Du miel au collège”, dans la catégorie Environnement au Prix initiatives région organisés par la Banque populaire Val de France », raconte Benjamin de Quillac, professeur de sciences et vie de la terre (SVT). Ce concours récompense les projets ou les actions réalisées par les associations sur trois thèmes définis : patrimoine, environnement, solidarité. À la clé, une jolie enveloppe de 5 000 € d’aide que le collège Joseph Crocheton remporte en mai 2011.

Un potager et trois ruches de production

miel2En juin, sur un terrain proche de l’établissement, le potager voit le jour à la force du poignet. « Un réel engouement s’est exprimé, même en période de vacances pour donner vie à ce projet. Aussi bien de la part des enfants que de leurs parents. »  Des légumes mais aussi des plantes mellifère sont semés. En 2012, trois ruches de production sont installées, avec une première récolte la même année, une deuxième en 2013. Et une production de 30 kg de miel à chaque fois. Extrait à l’aide d’une centrifugeuse, il est ensuite conditionné par les enfants en petits pots étiquetés et vendus aux familles. La démarche révèle la présence sur le secteur de beaucoup d’apiculteurs. « Les familles se sont souvenues d’un voisin, d’un parent, d’un grand-père qui possédait des ruches. Même chose pour le potager. » 

Le collège bourdonne

Emmener des enfants au contact des abeilles est compliqué. Difficile de déplacer une classe entière et surtout de l’habiller des vêtements de protection indispensables. « Les équipements et matériels nécessaires ont un coût. » La difficulté va être levée grâce à une invention d’un professeur de mesures physiques à l’IUT de Bourges (Cher), Jean-Pierre Martin. « En 2012, nous avons appris qu’il avait lui aussi obtenu un Prix initiatives région pour la conception et la fabrication d’une ruche pédagogique : l’Apiscope. »
Benjamin de Quillac le contacte. Le foyer socio-éducatif du collège soutient financièrement la démarche, « ainsi que le Conseil général. L’aide varie selon que l’établissement est une école primaire, un lycée ou un collège. Le coût d’un Apiscope est d’environ 1 500 €. »  Un Apiscope est réceptionné en juin 2013 et installé au cœur du collège. « Il ne s’agit pas d’une ruche de production mais d’observation », précise l’enseignant. Les abeilles s’en vont néanmoins butiner à l’extérieur (en empruntant un tuyau prévu à cet usage) et vivent leur vie d’ouvrières et de reines pour certaines. « Les enfants peuvent les observer autant qu’ils le souhaitent sans avoir à se déplacer et sans protection. »  Et étudier ainsi le comportement des abeilles comme suivre l’évolution de la colonie qui passe de 6 000-8 000 individus à 60 000-70 000 au plus fort de la saison estivale.

Une seule ruche pédagogique en Loir-et-Cher

Maxime, 13 ans, apprécie la cohabitation. « Notre travail fini, nous pouvons les observer. On les entend bourdonner quand elles s’activent. »  Benjamin de Quillac confirme. « Les gamins adorent ! Au début, ils avaient un peu peur, ce n’est plus le cas. » Le suivi de la ruche pédagogique, les activités réalisées sont centralisées sur une plateforme d’échanges baptisée « Agora », dédiée aux établissements équipés d’un Apiscope. « Nous sommes les seuls en Loir-et-Cher. »

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