Des tisanes haut de gamme au Domaine de Saint-Gilles

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Spécialisé en maraîchage depuis son ouverture en 1994, l’Esat (Établissement d’aide et service par le travail) du Domaine de Saint-Gilles, à Pontlevoy, mise sur la production d’infusions intégralement fabriquées au domaine pour diversifier ses sources de revenus.

lci87-EsatPontlevoy2Ce mardi après-midi au Domaine de Saint-Gilles, chacun est à son poste à l’atelier. Sous la supervision de Leslie Chaudun, Sébastien, Marie-Hélène, Carole, Caroline, Virginia, Nathalie, Anucienta, Sabrina et Carmen, charlotte sur la tête, s’affairent consciencieusement à leur tâche. Tandis que les uns s’occupent de mettre en forme les emballages, les autres trient les fleurs avant de les passer au séchage, vérifient le poids des infusettes ou les emballent dans les cartons carrés mis en forme. Au fond de la salle, de grands bidons abritent les différents mélanges de plantes qui finiront en infusettes de nylon pyramidales grâce à une machine récemment acquise.

Un produit haut de gamme

lci87-EsatPontlevoy3Si la production de tisanes n’est pas nouvelle à l’Esat de Pontlevoy, qui en produisait déjà en petite quantité à partir des plantes récoltées sur place, c’est tout de même une petite révolution qui est en marche ici. Car au lieu des 1 000 sachets produits par jour jusque là, ce sont 5 000 à 6 000 infusettes qui sont désormais attendues. Surtout, la production s’est semi-mécanisée pour aboutir à un produit fini de qualité. Dessinées par le graphiste Frédéric Chailleux, les belles boîtes aux tons pastel s’adressent très clairement à une clientèle féminine et haut de gamme. Elles seront d’ailleurs distribuées dans les épiceries fines ou dans les cafés et restaurants. Pour le directeur du domaine, Patrick Guilpain, il s’agit là de créer un produit à forte valeur ajoutée pour assurer une source de revenus pérenne au domaine. Comme de nombreux Esat, le Domaine de Saint-Gilles est confronté à deux réalités : la baisse des financements et le vieillissement des ouvriers. « La plupart des ouvriers sont entrés au domaine à son ouverture, en 1994. Vingt ans après, ils souffrent du dos, ils fatiguent. Or, le maraîchage est une activité difficile. Il fallait donc mettre en place une activité complémentaire et rémunératrice. Nous nous sommes appuyés sur notre savoir-faire pour développer une production dont la valeur commerciale pourrait donner un avenir à l’établissement », explique Patrick Guilpain.

Une spécialité : les plantes aromatiques

lci87-EsatPontlevoy4Car depuis plus de vingt ans, les plantes sont la spécialité de l’Esat de Pontlevoy. Dès son ouverture, le domaine s’est engagé dans cette culture – en mode biologique – pour la production des teintures-mères du laboratoire homéopathique Dolisos, situé à Montrichard (devenu Boiron en 2005). Il devient même pionnier dans la culture de l’Echinacea. Une directive européenne de 2011 limitant l’autorisation de mise sur le marché des teintures-mères est venue stopper ce débouché et a fait péricliter l’activité. L’Esat s’est alors concentré sur le maraîchage biologique, tout en conservant quelques parcelles de plantes aromatiques. La production d’infusions maison vient ainsi redonner un élan à cette spécialité. D’autant que les recettes, toutes élaborées en interne, font appel à de nouvelles variétés.

Un produit solidaire

lci87-EsatPontlevoy5Si la mise en sachet est mécanisée pour augmenter la rentabilité du produit, principe de réalité oblige, Patrick Guilpain en souligne la valeur solidaire et durable qui s’inscrit totalement dans le projet d’établissement. De la culture des plantes à la commercialisation, le produit est en effet intégralement réalisé sur place par des ouvriers protégés. Alors, même s’il a le sentiment de faire un grand écart entre sa vocation sociale et sa nouvelle activité commerciale, Patrick Guilpain voit dans ces tisanes l’occasion d’inscrire le Domaine de Saint-Gilles dans un modèle agricole durable à valeur ajoutée. Une idée bien dans l’air du temps et qui a le grand mérite de valoriser le travail d’ouvriers souvent cantonnés à des tâches de sous-traitance à moindre coût.
[Démarrée en novembre 2015, la production est vouée à s’accroître progressivement. Patrick Guilpain espère implanter le produit localement avant, pourquoi pas, d’élargir la distribution à toute la France. Preuve de son intérêt, le projet a déjà reçu le soutien du Crédit agricole dans le cadre de sa Mission handicap.]

Alice Enaudeau

lci87-EsatPontlevoy6Info +
Tél. 02 54 32 60 32
Les tisanes sont en vente au Domaine de Saint-Gilles, 68 route de Thenay à Pontlevoy :
    mardi de 10 h à 12 h,
    jeudi de 10 h à 12 h et de 13 h 30 à 17 h

Liste des autres points de vente sur www.lesplantesdudomainedesaintgilles.com (à partir du 14 avril)

© Cyril Chigot

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