Descente en canoë

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Un fleuve Cher… à votre cœur

Le fil de son eau s’écoule sur 367,8 km et prend sa source à Mérinchal, dans la Creuse. De sa montagne (le Massif central), il descend dans la vallée qui porte son nom, la parcourt, traverse ses prairies, ses villes et villages avant de se jeter dans le lit de la Loire, à Villandry, dans l’Indre-et-Loire. Comme vous l’avez deviné, c’est bien du Cher dont il est question !

Plus intime et secret que la Loire, le Cher se découvre (aussi) en canoë canadien. C’est par un bel après-midi de mai, quasi estival, que nos chemins se sont croisés. Trois couples, une petite famille et un groupe de filles décidées à mettre à profit la balade pour bronzer en maillot de bain. Comme il se doit, tout notre petit monde avait, au préalable, « réservé » pour cette sortie. Indispensable !

Les instructions données par Jean-François, la distribution effectuée des gilets de flottabilité et des bidons étanches pour y glisser téléphones mobiles, appareils photos et autres objets précieux à nos yeux, nous embarquons pour remonter le cours du Cher, jusqu’à Chisseaux-en-Touraine pour certains, Montrichard pour d’autres. Au passage, un arrêt est fait au niveau d’un des barrages qui sera à franchir. À ceux qui ne se sentent pas d’humeur à « le sauter », notre accompagnateur conseille d’accoster, de parcourir (embarcation à l’épaule) sur la terre ferme les quelques dizaines de mètres nécessaires avant de remettre le canoë à l’eau et de reprendre le cours de sa balade. Pour les autres… en avant l’aventure !

Franchir un barrage…

Nous serons les premiers à nous risquer. Malgré un brin d’appréhension à l’approche du tumulte des eaux, le franchissement se passe sans encombre. La rivière décide toutefois de me faire une offrande en m’envoyant une brassée d’eau sur les genoux. Résultat, je suis mouillée jusqu’à la taille… et je suis la seule. Me voici donc « baptisée » ! Derrière nous, les autres canoës suivent. Un couple de seniors ‒ rompus à la navigation, semble-t-il, au vu de l’allure adoptée ‒, file et disparaît rapidement de notre vue. En ce qui nous concerne, après nous être calés en termes de rythme de « pagayage », nous décidons de la jouer « slow » canotage.

L’eau apaise, c’est une réalité. L’observation aussi. Vus de la rivière, le paysage, l’environnement changent. Les têtes se vident, on papote… ou pas. Nul besoin de parler et le silence fait du bien. Le saut d’un poisson le trouble de loin en loin. Tiens, qu’est-ce donc que ce point rouge sur l’eau ? J’oriente la pointe du canoë vers lui jusqu’à ce qu’une voix (celle de mon coéquipier) m’alerte. « Euh… nous allons droit dans les lignes des pêcheurs. Je pense qu’il est préférable de les éviter ! » Je prends soudain conscience que ce point rouge n’est autre qu’un bouchon. Mon erreur me fait rire et j’adresse un bonjour au pêcheur qui se tient effectivement sur la berge.

Deux heures passées trop vite

Un peu plus loin, une « île » se dresse au milieu de la rivière. Une bâtisse a été édifiée dessus. Superbe. Un battement d’ailes puissant attire notre attention. Un cygne semble en difficulté, comme enchevêtré dans quelque chose. Alors que nous allons nous porter à son secours, il s’éloigne d’un air dédaigneux d’un ballon blanc tombé là. La baudruche abandonnée n’a pas riposté à son attaque, il en déduit donc qu’elle ne présente aucun danger…

« Finalement, nous aurions dû prendre une descente du Cher plus longue », regrettons-nous à l’unisson. Le château de Chenonceau se profile déjà. Presque deux heures sont passées sans que nous ayons vu le temps passé. Nous nous glissons sous les « jupons » de la bâtisse. Ses larges « enjambées » se reflètent sur le miroir d’eau ; nous immobilisons le canoë, le temps de déguster son image avec gourmandise. Que du bonheur !
Annette Fluneau

Info +
www.canoe-company.fr
www.canoesurlecher.fr

© Cyril Chigot

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