Dessinateur épique

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En cette fin avril, Fabrice Angleraud nous reçoit chez lui, à Vendôme. Il parle en toute liberté de son métier de dessinateur de bande dessinée. Extraits.

Une évidence

« À la maternelle, la maîtresse a remarqué que je faisais des fixettes sur des images, c’était étrange. Dès le CP, j’ai voulu être dessinateur, je commençais déjà à faire des petites narrations. C’était une évidence, la seule chose qui m’intéressait ! Je ne sais pas pourquoi… Selon moi, la facilité, c’est d’avoir une envie supérieure aux autres. Mais je suis plutôt un laborieux. »

L’apprentissage

angleraud_crayons« Après les beaux-arts d’Angoulême, section BD, j’ai étudié un an à l’école des Gobelins, à Paris. C’était très côté à l’époque, plus de 2 000 personnes passaient le concours. Quand vous l’avez, vous foncez ! Là, j’ai appris le story-board. J’ai commencé l’école en septembre, et en septembre, j’ai signé un contrat pour une BD ! On m’a présenté Froideval (avec qui je travaille encore). J’étais à l’école la journée et le soir, je préparais mon premier album – Atlantis – ça a été long ! Mais entre le dessin animé et la bande dessinée, je ne me suis jamais posé de questions, mon truc, c’était la BD ! »

La bande dessinée

« Pour moi, la BD est une simplification du réel. On prend une idée maîtresse et on la développe. Les scénaristes mettent beaucoup d’eux-mêmes dans l’écriture d’un scénario, c’est important qu’il y ait de l’humanité. Dessiner à une table, c’est une chose mais on dessine tout le temps, en fait. On a beaucoup de pensées parasites. Dans la BD, il faut être régulier, ne pas se poser trop de questions. Il y a des jours avec et des jours sans. Parfois, on bloque sur un visage ! C’est vraiment un métier artistique. En fait, je m’amuse comme un petit fou en faisant ce que je fais ! »

Mes références

« Je viens de la BD anglo-saxonne : Strange, les comics américains, Watchmen, pour moi, c’est le top du top ! »

Les Chroniques de la lune noire (éd. Dargaud)

angleraud_planche« En ce moment, je travaille sur le 14e album. Un tome représente plus d’un an de travail, avec un travail régulier. S’il y a de la perspective, c’est plus long, ça varie d’une planche à l’autre. Il y a des personnes, dans cette série, que j’ai croisées à Vendôme ! Le scénariste est quelqu’un de très exigeant. Ensemble, on a une alchimie secrète, on ne fait pas les planches dans l’ordre. On se connaît par cœur. Et je suis un lecteur de la première heure ! (Il y a eu deux dessinateurs avant moi.) Tout un univers s’est créé autour de cette série, qui vient du jeu de rôles. Lors de sa création, il n’y avait aucune série avec cet esprit jeu de rôles. Son succès à été exponentiel. »

La sortie d’un album

« Je n’arrive toujours pas à m’habituer à voir mon nom sur la couverture d’un album. Je me sens extérieur. Mais l’émotion est intacte, toujours, et très positive. »

Les festivals

« J’en fais peu, c’est épuisant ! On parle en dessinant, c’est un moment privilégié quand on s’intéresse aux gens. Froideval, le scénariste, aime beaucoup rencontrer ses lecteurs. Ici, il y a BD Boum, c’est un très beau festival avec une exposition magnifique. C’est un des plus sympas que j’ai faits ! »

Comment je travaille ?

angleraud_salon« Je n’ai pas d’atelier, je travaille chez moi, dans la salle à manger. J’écoute beaucoup de musique de film, d’atmosphère. Sinon, je mets une série en sourdine à la télé pour l’ambiance que ça donne. Si c’est une série “à la noix”, ça peut m’empêcher de travailler, je peux décrocher, ça me parasite ! Je peux écouter Vangelis comme Ennio Morricone ou de la musique celtique mélangée à du métal ! »

L’avenir de la BD

angleraud_souriant« La BD est en progression par rapport au livre traditionnel. La lecture numérique ? Ça sera une autre façon de raconter des histoires, il ne faut pas avoir peur de ce changement. Ce n’est pas parce qu’il y a un support numérique qu’il n’y aura plus de support papier. Ça va évoluer de concert. Moi, je consomme de la BD de différentes façons : en bibliothèque, j’en achète, je m’en fais prêter ou je regarde les planches sur Internet. Plus il y a des façons de consommer de la BD, mieux c’est ! »

Les projets

« D’ici deux à trois ans, j’aimerais développer mes couleurs. J’en fais un peu quand j’ai le temps, mais pour l’instant, je travaille avec une coloriste. Écrire des scénarios m’intéresse aussi, j’ai déjà des idées de concept ! La partie narration m’intéresse particulièrement, aux beaux-arts, j’ai toujours mis un point d’honneur à finir mes histoires… »

Planches inédites des prochaines Chroniques de la lune noire (parution prévue : début 2014)

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