Distillerie Girardot

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Henri-Pierre Girardot, de la Distillerie Girardot, poursuit l’aventure de ses aînés

Autour des alambics en place depuis l’année 1900, rien n’a changé… ou presque. L’homme qui s’active dans les effluves qui s’en dégagent a le front bien trop lisse pour être un centenaire ! Henri-Pierre Girardot est, en effet, l’arrière-petit-fils de Jules-Constant Girardot, fondateur avec Jules Romand, son beau-frère, de la très réputée distillerie artisanale Girardot à Chissay-en-Touraine.

Rien n’a changé. Installée au creux de la roche, une patine sombre a peu à peu patiné les murs, les années passant. « La distillation de l’alcool est à l’origine de ce phénomène, totalement sain et naturel » explique l’artisan distillateur. Rien n’a changé non plus au niveau des produits spiritueux. Crèmes, liqueurs, eaux-de-vie sont les mêmes avec des références en plus, dix-huit au total désormais. « Nous recherchons encore et toujours l’excellence et voulons rester les garants d’une tradition où il n’y a de place que pour des alcools de qualité. »

Fraise Or, une liqueur appréciée depuis plus d’un siècle

À l’heure où tout va vite, Henri-Pierre Girardot fait le choix de donner du temps au temps. Pour ses fruits, il prend celui de les sélectionner. Les fruits rouges, les fraises ‒ dont il tire la fameuse liqueur Fraise Or qui a contribué à l’implantation de la culture du fraisier en Sologne ‒ viennent de Sologne. « Je fais ma sélection sur la variété, la maturité et la façon dont ce fruit est produit. » Une exigence qui donne une saveur fruitée incomparable à cette liqueur d’un rouge intense et naturel obtenu sans ajout de colorant, et au parfum de fraise prononcé. La Distillerie Girardot garde sa recette secrète, qu’elle est la seule à réaliser. « J’aime faire ce que j’aime ! » déclare l’artisan.

Rester fidèle aux valeurs d’origine

En cent-dix-huit ans d’existence, la maison Girardot a traversé des périodes tourmentées, inscrites dans l’histoire avec une majuscule, a buté sur certains phénomènes de mode prompts à cataloguer « has been » les spiritueux, considérés comme désuets. « C’est ce que pensent, de prime abord, les jeunes générations… avant que je leur explique la composition des cocktails et autres boissons alcoolisées proposées dans les lieux festifs qu’elles fréquentent ! » sourit l’artisan, car 80 % de ces consommations intègrent, en effet, au moins une… liqueur ! La traversée de ces turbulences aurait pu amener la distillerie à proposer des produits de moindre qualité. « Certains nous ont fortement incité à le faire, mais, j’en suis convaincu, cette stratégie aurait signé notre perte. Au contraire, nous avons décidé de ne pas bouger. »
Ce choix se révèle plus que jamais fort judicieux « avec le retour en force des produits du terroir, des épiceries fines, etc. » Mieux encore, les liqueurs sont devenues « tendance » ! Les « mixologues », barmen experts dans la préparation des cocktails, les recherchent pour réaliser de compositions nouvelles. « On a fait une révolution en revenant au point de départ ! »
Annette Fluneau

© Cyril Chigot

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