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85Goyer : de Fougères-sur-Bièvre à l’international, en toute discrétion

Fondée à Fougères en 1931 par Henri Goyer, la menuiserie Goyer est devenue le numéro 1 français des façadiers verre et alu. Une réussite exemplaire que ses dirigeants sont loin d’afficher, préférant l’efficacité et la discrétion à la communication à outrance.

lci89_goyer4À Fougères-sur-Bièvre, les bâtiments s’alignent le long de la rue Henri-Goyer. Fondateur de l’entreprise et maire de la commune durant trois mandats, l’homme a donné son nom à l’une des rues principales du centre-bourg. Il faut dire qu’avec 250 salariés, l’entreprise représente près de 30 % de la population locale… Des communs du château où Henri Goyer a fondé sa menuiserie en 1931, l’entreprise s’est développée petit à petit le long de l’axe qui relie Fougères à Cheverny. Goyer occupe désormais 45 000 m² de bâtiments à Fougères. En toute discrétion. Car le leader français de la façade en alu n’a pas la culture de l’exposition, loin de là. « On ne s’est jamais intéressés aux clubs, associations ou syndicats car on s’est totalement investis dans l’entreprise », revendique le petit-fils du fondateur, Dominique Goyer, 61 ans, codirigeant avec son frère Daniel, 63 ans.

Des chantiers de renom

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Fondation Louis Vuitton

Difficile de deviner que derrière les bureaux de ces bâtiments marqués par le style des années 1970 se cache le numéro 1 français de la façade aluminium et verre. Goyer, c’est une omniprésence sur les chantiers d’Ile-de-France et notamment de la Défense. « Aujourd’hui, un chantier moyen, c’est 10 M€ », annonce Daniel Goyer. L’entreprise fabrique et pose entre 150 000 et 200 000 m² de façades par an, à raison de 14 chantiers annuels en moyenne dont certains emblématiques comme le viaduc de Millau, la Fondation Louis Vuitton ou la rénovation du Grand Palais à Paris. En région parisienne, pas un immeuble tertiaire n’est construit sans que l’entreprise du Loir-et-Cher ne soit consultée. Prochain défi : le quartier londonien de Battersea Power Station à Londres, dont l’architecte n’est autre que Frank Gehry, le père du musée Guggenheim de Bilbao. Que l’entreprise connaît déjà pour avoir travaillé avec lui sur la Fondation Vuitton à Paris. « L’Angleterre est un marché exceptionnel en plein développement. Il y a tout à y faire », analyse Daniel Goyer, que le Brexit n’inquiète pas outre mesure. À tel point que Goyer y a ouvert une filiale, Goyer UK, en 2015.

Une présence en Europe

lci89_goyer3À l’étranger, l’entreprise est présente en Italie, où elle dispose d’un bureau d’études, et en Pologne depuis qu’elle a racheté une usine de fabrication de fenêtres en PVC en 1993. L’usine y produit aujourd’hui exclusivement des façades alu pour le marché polonais. « On ne délocalise pas à l’étranger, on va chercher les salariés et la main d’œuvre là où elle se trouve », affirme Daniel Goyer. Il faut dire que l’entreprise ne conçoit que du haut de gamme : « On est réputés pour la qualité de l’ingénierie, le respect des délais et la qualité des matériaux. Nous nous situons entre l’industrie pour les procédés de fabrication et l’artisanat pour l’assemblage manuel de toutes nos façades », poursuit Daniel Goyer. Chaque façade est d’ailleurs le fruit d’une conception sur mesure.

Une culture financière

lci89_goyer5La réussite de l’entreprise familiale, la société la doit au pari un peu fou de Dominique et Daniel. Lorsqu’ils intègrent l’entreprise dans les années 1970, de nombreux chantiers de reconstruction d’après-guerre sont signés Goyer, notamment à Blois : immeubles des quartiers nord, préfecture ou encore Conseil départemental. Mais Daniel et Dominique voient arriver l’aluminium et ne veulent pas louper le wagon. « En 1974, lorsqu’on a pris le virage de la conception aluminium, on est partis de rien. Le marché n’était pas mâture, nous avions tout à apprendre. À l’époque, on était en dépôt de bilan tous les mois et on ne pouvait pas compter sur les banques pour nous soutenir. » Il faudra attendre les années 1990 pour que la vague enfle. Jusqu’aux années 2000 où Goyer lâche le bois et le PVC pour se concentrer sur les façades alu et verre d’immeubles tertiaires. « On a pris une vague et on a surfé dessus », explique Daniel Goyer.
Le reste, Dominique Goyer l’explique simplement : « Notre culture financière nous a permis de tenir la barque. Lorsque l’entreprise a bien fonctionné, on n’a jamais pris de dividendes, tout est allé à l’usine. Et puis la famille était présente à toutes les strates, ce qui a peut-être facilité la gestion saine. On a toujours veillé au chiffre. Aujourd’hui, quand les banques viennent nous voir, on n’a plus besoin d’elles. »

Alice Enaudeau

Info +
13, rue Henri-Goyer, 41120 Fougères-sur-Bièvre
Tél. 02 54 56 65 65
www.goyer.fr

© Cyril Chigot

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