Histoire d’entreprise

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Bertrand Minier raconte l’histoire de l’entreprise familiale Minier.

Le moulin de Varennes, à Naveil, est le siège de l’entreprise Minier. Rencontre avec Bertrand Minier, directeur général aux carrières de l’entreprise, pour un point sur l’histoire de l’entreprise familiale, qui a célébré ses 81 ans.

Les débuts

lci85_minier8« Mon grand-père, Marcel, a commencé à Lunay, au lieu-dit Les Clouzeaux. Son papa était vigneron mais lui savait qu’il ne voulait pas devenir vigneron, on n’avait pas assez de terre dans la famille, il fallait qu’il fasse autre chose. Quand, à son retour du service militaire, il a émis l’idée d’extraire du sable et des cailloux, son père lui a dit : “C’est n’importe quoi.” Son voisin lui a dit : “Tu as raison !” »

La guerre

« La guerre est arrivée. Marcel a dû partir en Allemagne où il a été fait prisonnier. Un Portugais a continué à travailler pendant son absence. Ça vivotait. Puis le plan Marshall a relancé l’économie française, il y avait un besoin important de cailloux pour la reconstruction. À titre d’exemple, l’entreprise comptait 4 salariés en 1947 (contre 135 aujourd’hui, NDLR). »

L’arrivée de Francis Minier

lci85_minier7« Mon père est arrivé dans l’entreprise à 20 ans, en 1965. Il a été chauffeur d’engin, conducteur de travaux. Avec les carrières, il y avait un service maintenance : le service travaux publics a démarré.  En 1972, mon père a racheté les Sablières du Centre et en 1979 l’entreprise Gravereau à Couture-sur-Loir. En 1984, il développe le béton avec une centrale à Sargé-sur-Braye. On a acheté une centrale à béton à Chartres. Ce qu’on souhaite, c’est la promotion interne ; qu’un chauffeur de Sargé-sur-Braye devienne le chef de la centrale du Mans. On pousse nos salariés à grimper. »

Une entreprise en développement

lci85_minier1Malgré la crise, on continue à investir. L’économie va se relancer, on est prêts. On a créé une unité de broyage de caoutchouc, on a un savoir-faire dans la gestion de petites unités. Aujourd’hui, on est en plein développement. Notre métier premier, c’est les carrières. Mais avec les autorisations préfectorales, c’est limité dans le temps. Par exemple, le gisement de Naveil sera terminé dans quinze ans. On est une petite entreprise avec plein de casquettes ! On n’a pas d’autre choix que de mettre la main à la pâte, que se développer. On change cinq fois de métier dans sa vie : j’en ai changé plus que ça ! On a la nécessité de continuer à progresser, sinon on régresse et on devient une proie facile pour d’autres entreprises. On est libres tant qu’on ne met pas l’entreprise en péril.»

Le béton

lci85_minier2« Aujourd’hui, c’est devenu un métier très technique. Aujourd’hui, on vend une résistance. Comme chantiers en cours, on a un sarcophage pour la centrale de Saint-Laurent-Nouan, on a développé la formule, c’est un chantier rare, exceptionnel. On fait aussi beaucoup de béton décoratif, on vend un résultat fini à l’œil. Dernièrement, on a fait des trottoirs à Blois avec un béton bouchardé. Nos clients ? Des collectivités pour les collèges, les routes, par exemple. Mais aussi les particuliers comme dans notre centrale de Blois où l’on a un petit malaxeur pour nos « petits clients ». On travaille autour d’un objectif : la qualité dans le service. »

Une entreprise familiale

lci85_minier3« Je travaille dans le secteur que dirigeait mon père. J’étais sûr d’avoir un appui bienveillant. En général, il y a peu de turn-over chez nous. Quand on rentre comme chauffeur, ça n’est pas pour le rester à vie. On souhaite faire évoluer le personnel, on choisit des gens avec cet esprit-là. On passe plus de la moitié de notre vie au travail, autant que ce soit le plus agréable possible. La volonté de mon père a toujours été de transmettre. Dans notre esprit, on est tous de passage. Cette entreprise, on va essayer de la faire durer. Il n’y a plus beaucoup de petits industriels comme nous, on reste indépendants, on n’a jamais su s’allier. Chaque unité est très libre, il y a une confiance gigantesque. »

Un point fort, la réactivité

« Dans nos petites unités, on n’a pas le choix, on fait de la qualité. Notre force, en carrière, c’est aussi le planning. Quand on nous appelle à 16 h, on répond : “Il n’y a pas de problème.” L’entreprise sait s’adapter. Mais il ne faut pas que la vie soit insupportable pour nos salariés, chacun doit être bien dans son poste. »

Aider le tissu local

« On essaie vraiment de s’impliquer dans le tissu économique local en aidant des jeunes : menuisier, électricien, artiste. Il faut vraiment que la vie locale soit dynamique sinon les entreprises sont à l’image de l’endroit. »

Un lien avec les salariés

lci85_minier6« J’aime bien connaître les gens avec qui je travaille, les appeler par leur prénom. Ce n’est pas le côté paternaliste. Mes gars, je connais leur femme, leurs enfants, leurs bonheurs, leurs malheurs, on est plus que le patron. Mais quand on est trop nombreux, ce n’est plus possible. En septembre, trois samedis de suite, j’étais au mariage de mes salariés. »

En immersion

lci85_minier4« Enfant, j’ai été ‟piqué” à l’entreprise. Mon père était paternaliste, protecteur mais il a toujours laissé chacun s’exprimer. Il ne m’a jamais dit : ‟Tu feras ça.” Assez jeune, je conduisais la pelleteuse. Pour les travaux d’été, c’est plus facile de demander à son père de conduire un engin ! J’ai toujours mouillé la chemise, l’été, avec les anciens. J’imagine que ça a été la même chose pour lui… Mon fils de deux ans et demi fait déjà la différence entre un tracteur et un engin !  »

Info +
Le Moulin de Varennes – Tél. 02 54 73 40 41
www.minier.fr

© Laurent Alvarez

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