Hommes de Loire

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Chaque balade est unique

milliere_loire_refletLa Loire, impossible de se lasser d’elle. Les hommes de Millière Raboton le disent. Une et multiple à la fois, elle change de « visage » au fil des saisons, au grès du temps. Beau ou pas.

Comme un gros chat bien nourri, la belle fait le gros dos. Parfois. Elle est alors bien « grasse », disent les hommes de Loire. Hautes et lourdes, ses eaux filent à haut débit : le fleuve est en crue. Dans ces moments-là, la Loire occupe toute la scène de son lit, faisant fuir oiseaux et animaux qui préfèrent s’en écarter. De la rive les hommes l’observent. Jusqu’où s’aventurera-t-elle, se demandent-ils. La Loire miroir n’est jamais aussi belle que dans cette période, lorsque les ciels tourmentés se reflètent dans son eau. Les images qu’elle offre alors sont littéralement magnétiques.

milliere_touristesCe matin-là, un soleil lumineux est au rendez-vous. Nous aussi. Il y a Marine et Christophe, originaires de Lille. La balade terminée, ils reprendront la route pour rentrer. Lucie et Clément sont tourangeaux. Lucie est enceinte de huit mois. Un petit passager clandestin se cache donc à bord. Avec mon milliere_chienamie Agnès, nous sommes du Loir-et-Cher. Son chien Volpé l’accompagne, comme toujours. Les autres passagers ont donné leur accord pour qu’il embarque. Un petit remuement de queue pour saluer la compagnie et pour montrer qu’il est un chien bien éduqué malgré son poil en broussaille… avant qu’il ne s’allonge de tout son long. C’est Aurélien qui est à la barre de la toue (on dit aussi chaland, mais surtout pas gabare !), baptisée « Peur du noir ».

milliere_bateauxLa balade doit durer entre deux et trois heures. Sur les recommandations de Jean Ley, de Millière Raboton, nous emportons tous un casse-croûte à tirer du sac le moment venu. C’est parti, la lourde barque gagne le milieu du fleuve. Aurélien nous raconte la Loire, ses poissons… la lamproie restée la même depuis l’époque des dinosaures, le silure, ce géant autour duquel les légendes fleurissent, le saumon, fidèle à la source où il naît, et qui revient pour se reproduire avant de mourir. Aurélien raconte, encore et tous, nous l’écoutons religieusement. C’est passionnant !

milliere_loire2Devenus femmes et hommes d’eau depuis deux poignées de minutes, nous avons déjà oublié que nous étions au départ des terriens. Les guides de Millière Raboton nous avaient prévenus : « Ça va vous le faire ! » Et effectivement, ça le fait, le charme opère. La paix s’installe dans les esprits, le corps se détend. Le silence s’installe, ni pesant, ni empreint de gêne. Entre ciel et Loire, la sérénité gagne « l’équipage ».

milliere_pauseUn niveau d’eau élevé permet au bateau de se glisser dans des bras habituellement inaccessibles, même pour une barque à fond plat. Nous pénétrons sur le territoire de monsieur Castor, invisible pour l’heure. Des troncs d’arbre grignotés en biseaux trahissent néanmoins sa présence. Un souffle d’air fait tomber sur nos têtes une neige douce. Ce sont les peupliers qui libèrent leur pollen. Aurélien décide de s’arrêter le temps de la pause casse-croûte.

milliere_oiseauxLe « zonzon » discret du moteur laisse place au silence. Le frémissement des feuillages, le chant d’un passereau, un froissement d’ailes deviennent musiques. « La première fois, les gens se contentent d’amener un petit sandwich ; la deuxième, ils viennent avec la glacière », dit Aurélien. Effectivement, le mien n’est pas bien gros, la prochaine fois, c’est sûr, j’en préparerai un grand… pour faire durer ce moment privilégié. De partage. « Qui veut du saucisson ? Prenez des radis, il y en a pour tout le monde ! Un peu de rosé ? Un carré de chocolat ? » De confidences aussi. Lucie et Clément fêtent leur première année de mariage, jour pour jour. Le jeune couple nous confie attendre une petite fille et nous révèle en avant-première son prénom : Mélusine. « Vous êtes les premiers à qui nous le disons, même les grand-parents ne le connaissent pas ! » Un instant précieux vient de se vivre. Chacun de nous le ressent. Et puis, avoir la chance de côtoyer une fée… C’est à regret que nous quittons l’endroit pour retrouver le fil du fleuve. Plus personne ne parle au retour. Faut-il vraiment revenir ?
La Loire est ainsi, prenante. À chaque heure, même les plus matinales. Quand les dames blanches glissent sur ses eaux à la rencontre du soleil levant, vous touchez le rêve du doigt. La faune nocturne regagne ses pénates. La lumière en tire d’autres du sommeil. Et l’inverse, lorsque la promenade s’étire vers la nuit. « Chaque balade est unique. Vous pouvez les renouveler autant que vous voudrez, vous ne vivrez jamais la même », confie Jean Ley. La Loire lui a fait le coup… il y a une quinzaine d’années !

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Texte et photos : A. Fluneau et L. Letot

2 commentaires

  1. Bonjour Messieurs,
    la dernière semaine de Juillet, j’ai mes petits enfants: 10,10 et 6 ans qui seront surement intéressés par cette découverte. Quelles sont les dates possibles a cette époque et le tarif.?
    merci pour votre réponse

    A-M Blaise

    • Bonjour,
      Vous pouvez contacter directement l’association Millière Raboton au 06 88 76 57 14 ou http://www.milliere-raboton.net

      admin

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