Jean-Claude Deret

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Jean-Claude Deret, homme de théâtre généreux

Il se dit « provocateur », « anarchiste modéré », « psychopathe inoffensif »… À 94 ans, Jean-Claude Deret est surtout un homme généreux qui continue de diriger et d’écrire les pièces du Théâtre du cercle, la troupe amateur de Saint-Gervais-la-Forêt.

lci84_deret2Forcément, Jean-Claude Deret, c’est Thierry la Fronde dont il a écrit les 52 épisodes dans les années 1960. Et c’est aussi Zabou Breitman, sa fille. Mais lorsqu’on compulse sa biographie sur Internet, il est systématiquement mentionné qu’il anime la troupe de théâtre amateur de Saint-Gervais-la-Forêt ! À l’interlocuteur qui s’en étonne, Jean-Claude Deret répond, pétillant : « C’est normal, ça fait partie de ma vie ! » Il faut dire que c’est une collaboration de près de quarante ans qui le lie au Théâtre du cercle. À tel point que la mairie de Saint-Gervais-la-Forêt lui a fait l’honneur de rebaptiser la salle de la Poissonnière en « Espace Jean-Claude Deret » en 2011. « Ça a été une grande joie, se souvient-il. Il ne s’agit pas d’orgueil, non, mais de reconnaissance pour mon travail. Et c’est agréable d’être reconnu. »

Une collaboration par amitié

lci84_deret1L’histoire de cette collaboration remonte à 1969. De passage à Blois, sur la route de sa résidence secondaire en vallée du Cher, il accepte de faire travailler le club théâtre de la MJC de Blois-Vienne, par amitié pour Michel Camuzat, le directeur de la structure. Au fil des années, devenu le Théâtre du cercle et désormais situé à Saint-Gervais-la-Forêt, le groupe de théâtre fait épisodiquement appel à lui. C’est en 1977, alors qu’il réside à Mennetou-sur-Cher où son père, Lucien Breitman, fut médecin, maire et conseiller général avant d’être déporté en 1943, que la collaboration démarre vraiment avec des cours réguliers. Il écrit la première pièce destinée à la troupe en 1981. Celle-ci, La Mort en ce palais, sera le début d’une série de treize textes écrits sur mesure pour le Théâtre du cercle dont la dernière en date, La Croisière du Nénuphar1.

Des rôles sur-mesure

« J’écris chaque rôle sur mesure en fonction du comédien, pour être sûr que chacun soit bon et soit applaudi. Les amateurs font du théâtre sur leur temps personnel, ils ont donc besoin d’être satisfaits », justifie-t-il. Il se souvient d’une dame venue rejoindre la troupe peu avant son 80e anniversaire :  « D’un seul coup, elle existait. Le théâtre a illuminé ses dernières années et elle a joué, même malade, jusqu’à 90 ans. »

Soutenir les jeunes réalisateurs

lci84_deret3L’âge, forcément, Jean-Claude Deret y pense. Il en rit, même, comme avec cette réplique issue du Cabaret Deret, « l’old man show » qu’il a écrit et interprète avec plusieurs invités, dont Zabou Breitman : « Les centenaires, ça court les rues, mais ça ne court pas vite ! » À 94 ans, l’homme de théâtre vise les 100 ans. « 120 ans, j’aurai le temps d’y penser quand je serai centenaire ! » En attendant, il prête son physique de vieil homme à toute une ribambelle de réalisateurs de courts métrages :  « J’ai squatté un nombre invraisemblable de rôles âgés ! Il y a une sorte de mafia de jeunes réalisateurs qui se passent mon numéro de téléphone quand ils ont besoin d’un vieux ! »
Comme avec le Théâtre du cercle, Jean-Claude Deret accepte toujours de jouer bénévolement :  « Ça m’amuse beaucoup ! C’est une façon de leur mettre le pied à l’étrier ! »

Alice Enaudeau

1 – La pièce sera jouée à l’Espace Jean-Claude Deret le samedi 14 novembre à 21h et le dimanche 15 novembre à 16h. Renseignements auprès du Théâtre du cercle

© Laurent Alvarez

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