Jonathan Breton

11 J'aime

Ajouter un commentaire

Jonathan Breton, la danse et rien d’autre

En 2014, Jonathan Breton a obtenu le sésame : un visa de travail de trois ans qui lui permet de continuer sa carrière de danseur professionnel aux États-Unis. Sans être une fin en soi, ce visa vient couronner les efforts déployés par le jeune Gervaisien pour vivre de sa passion.

lci84_danseur2« Il faut passer une fois dans sa vie à New York quand on est danseur ! » Jonathan Breton a commencé à réaliser son rêve lorsqu’il a intégré l’Alvin Ailey School à New York. En 2012, à 23 ans, titulaire de son Examen d’aptitude technique (EAT) de danse classique, il quitte Paris et la compagnie de l’Étoile qu’il avait créée en 2009 pour intégrer l’une des écoles de danse contemporaine les plus renommées dans le monde. Parallèlement, il suit des cours chez Martha Graham. Les choses vont alors s’enchaîner : l’un des directeurs d’Alvin Ailey le choisit pour un solo au sein de la compagnie du même nom et il est repéré par un journaliste spécialisé à New York.

Un parcours d’ascèse

lci84_danseur3Aujourd’hui, Jonathan Breton mène de front ses participations dans différentes compagnies et les spectacles qu’il chorégraphie et danse pour la compagnie qu’il a montée, l’AZOTH Dance Theatre. Cours, entraînements, répétitions… Les journées de Jonathan Breton sont entièrement dédiées à la danse. « Une voie d’ascèse, faite d’engagements très forts et de renoncements. Nous sommes émerveillés en contemplant son parcours et la pugnacité qu’il a su mettre en œuvre pour le suivre », souligne, admirative, Denise, sa mère. Car elle le reconnaît, Jonathan a dû batailler pour y arriver.
Dans une famille où la danse « ne faisait pas partie des arts familiers », pas facile d’annoncer qu’on veut être danseur, même si on le clame depuis l’enfance. Si ses parents finissent par accepter de l’inscrire à différents cours (l’école Brigitte Wattelin à Blois puis le conservatoire d’Angers et enfin l’Institut supérieur des arts de la scène à Paris où il obtiendra son EAT), ils exigent qu’il suive parallèlement des études supérieures. « C’est au cours de sa deuxième année de licence à Paris que nous avons enfin compris à quel point son désir de danser était impérieux. Il dansait plus de 50 heures par semaine et son double cursus l’épuisait. Nous avons enfin consenti à ce qu’il vive pour cette seule passion pour laquelle il brûlait : danser ! » Soutenu par sa famille, Jonathan s’envole aux États-Unis.

La danse comme moyen d’expression

lci84_danseur4Aujourd’hui, Jonathan n’envisage pas de revenir en France, dont il déplore, sans animosité aucune, le manque d’intérêt pour sa discipline. « En France, mon métier n’est pas accepté. À New York, dit-il, on n’a ni le chômage, ni l’intermittence, mais on a la reconnaissance. » Loin d’être fataliste, il contribue à sa manière à ouvrir le public à la discipline. Lorsqu’il rentre en France, à Saint-Gervais-la-Forêt, il anime des stages à l’Espace Jean-Claude Deret. Il y explique comment lui, le garçon introverti qui ne supportait pas son corps s’est ouvert grâce à la danse. « J’ai appris à comprendre mon corps et à l’accepter. Or, quand on s’accepte, on peut accepter les autres. L’art permet de quitter sa zone de confort pour s’ouvrir aux autres. »
Les yeux brillants, il cite un extrait du livre d’or mis à disposition du public lors de la rencontre-spectacle qui avait clôturé le stage de décembre dernier à Saint-Gervais-la-Forêt : « Plus qu’une leçon de danse, une leçon de vie ». Tout est dit.

Alice Enaudeau

Info +
Jonathan Breton organise un stage de danse du 16 au 19 juillet à l’Espace Jean-Claude Deret de Saint-Gervais-la-Forêt.
Spectacle/conférence dimanche 19 juillet à 19 h 30.
Renseignements et inscriptions :
jonathanbreton@live.fr, tél. 06 88 45 10 52, www.bretonjonathan.wix.com/bretonjonathan

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.