Handi’Chien : Le coup de patte aux humains

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Découverte du centre Handi’chiens de Vineuil et de son activité

Une bande de chiens étonnants, aux compétences exceptionnelles, vous accueille, comme Michel, le « patriarche » d’une grande « famille » de passionnés.

L’association Handi’chiens éduque des chiens d’assistance à la personne handicapée moteur. Des compagnons à quatre pattes chargés de remplacer les membres défaillants de leur maître.

Basé à Vineuil, ce centre labellisé existe depuis neuf ans (quatre au total existent sur le territoire national). Depuis son ouverture, 107 chiens d’assistance (surtout de race labrador et golden retriever) ont été remis gratuitement à des personnes handicapées, dont 16 à des Loir-et-Chériens.
Chaque année, le centre forme 20 nouveaux éléments.

Après l’éleveur, chez lequel il fait l’objet d’une sélection à l’âge de sept semaines jour pour jour, la famille d’accueil représente le premier maillon de la chaîne éducative du jeune chien.
Sa mission pendant ces seize mois ?
Le sociabiliser en le confrontant au plus grand nombre de situations possibles.
Le pré-éduquer en lui apprenant les 30 commandes de base : « assis », « couché », « pas bouger », « viens »…

Raphaëlle et Help, 9 mois

Aux personnes qui s’étonnent parfois de croiser un chien dans les locaux de l’unité de protection et d’action sociale (Upas) de Contres, Raphaëlle Dubisson explique.

Help a vocation à faire du social au sens large du terme, il effectue un stage à l’Upas

L’explication suscite aussitôt la sympathie et pour le public habituel de l’unité, Help fait partie intégrante de l’équipe. Le jeune golden retriever a rejoint la famille de Raphaëlle à l’âge de deux mois.
Il en a neuf maintenant. « C’est un ado ! »
Help en a d’ailleurs la dégaine un tantinet nonchalante. « J’adore les chiens », confie Raphaëlle. Quand le centre a ouvert, « l’idée de devenir famille d’accueil était là ».

Travaillant dans le social, sa mission l’a

conduite à croiser le chien confié à la maison de l’enfance et à constater l’importance de son rôle et l’impact apaisant de sa présence sur les enfants. L’animal fait diversion et la pression diminue

Pour qu’Help puisse l’accompagner sur son lieu de travail, Raphaëlle a demandé l’autorisation de son employeur, s’est engagée à respecter certaines règles, comme à ne pas le faire monter dans les véhicules de service. « Sa présence à l’Upas ne pouvait également se faire qu’avec l’accord de mes collègues. »

Help a fait l’unanimité ! « Je ne l’emmène pas non plus lorsque sa présence ne se prête pas à ma tâche. Mais il effectue un bon temps partiel dans le cadre professionnel… » C’est même lui qui accueille d’un salut amical les participants à certaines réunions. « Dès que la discussion est lancée (et qu’elle risque fort de se prolonger), il s’installe pour une petite sieste. »

Tous les quinze jours, Raphaëlle et Help suivent des cours au centre Handi’chiens « pour apprendre une nouvelle commande à lui enseigner, comment et le pourquoi de cette commande par rapport à une personne handicapée ». Son groupe compte cinq familles.

Ce sont des moments de partage, d’échange enrichissants

Qui permettent aussi de resituer le rôle de famille d’accueil, « le pourquoi on le fait. » Qui aident aussi à se rappeler qu’il ne faut pas trop s’attacher ou plutôt qu’il ne faudrait pas ! « Les rotations tous les quinze jours y contribuent aussi. »

Les familles d’accueil « échangent » leurs chiens dans le cadre du parcours éducatif. « Les choses sont claires dans ma tête : je ne fais qu’un bout de chemin avec Help. »

Le regard de Raphaëlle brille. « Quand le moment du passage sera venu ? Chaque chose en son temps ! On ne peut pas ne pas s’attacher, et tant mieux ! Après, il y a la gestion de cet attachement. » Dans son panier, Help suit la conversation, mine de rien. Raphaëlle reprend :

Le jeu en vaut la chandelle pour tout ce bonheur renouvelé, apporté par le chien. D’ici là, je m’éclate !

Le retour au centre, la dernière étape de l’éducation du chien d’assistance
À l’âge de dix-huit mois, « l’élève » fait son entrée à la « grande école » où Malvina, Émilie, Ulrich, éducateurs spécialisés, et Elsi, apprentie éducatrice, vont lui apprendre 52 commandes auxquelles il doit savoir répondre.

Exemples ?
Ramasser et rapporter un objet, ouvrir ou fermer un tiroir, une porte, allumer ou éteindre la lumière, aboyer sur commande en cas de danger, faire un câlin, aider à l’habillage ou au déshabillage, etc.

Des gestes qu’il va accomplir comme un jeu, pour faire plaisir à son maître

explique Michel Heilig, responsable du centre.

« Tout l’apprentissage est basé sur la récompense pour “donner cette envie de faire” au chien car il n’aura pas forcément un retour de caresses d’un propriétaire tétraplégique. »
Le dernier qui lui sera demandé, le plus dur : ramasser une pièce d’un centime d’euro sur le sol. « Quand il y parvient, son éducation est terminée. »

Le « passage »
À deux ans, soit après six mois de formation au centre, le jeune chien fait partie d’une élite canine. Il est prêt pour « le passage » et la rencontre avec celui ou celle qu’il va désormais accompagner. « Il n’y a pas plus beau que cette remise du chien à une personne, vous lisez le bonheur dans ses yeux. » Ces derniers six mois du parcours éducatif ne sont pas anodins sur le plan émotionnel pour les éducateurs. Eux aussi s’attachent. « Ce moment du “passage” s’accompagne toujours d’un mélange de bonheur et de tristesse, mais on sait pourquoi on le fait. Le fruit de notre travail est palpable », confie Malvina. Michel Heilig compare les éducateurs (un peu) à des agriculteurs : « Ils sèment, ils font pousser.

Lorsque l’heure de la récolte est venue, leur récompense, c’est la joie de la personne qui reçoit le chien qu’ils ont éduqué. » Selon son caractère et son tempérament, le chien d’assistance peut aussi être « chien d’éveil » pour des enfants atteints de troubles autistiques, de trisomie 21 ou polyhandicapés ou « chien d’accompagnement social » dans des institutions, des maisons de retraite, des centres de rééducation fonctionnelle ou des instituts médicaux éducatifs (IME)… Rien n’est imposé à l’animal au moment du « passage ». C’est toujours lui qui choisit la personne qu’il accompagnera le reste de sa vie. « À notre niveau, nous prenons en compte certains paramètres, mais nous laissons le “couple” se former au feeling. Il est important que les deux se plaisent ! », souligne Michel.

Jean-Yves et Vaillant, 8 ans

Jean-Yves Noblet et Vaillant, magnifique labrador noir, font « équipe » depuis quatre ans. « Habitant Vineuil, je connais l’association depuis sa création. Demander un chien me tentait, mais mon épouse ayant été mordue plus jeune était sur la réserve. Nous avons assisté à plusieurs remises de chiens et c’est elle qui m’a dit un jour : “Ce serait bien pour toi”.

Avant Vaillant, il n’y avait que les livres, l’ordinateur et la télévision pour remplir le quotidien de Jean-Yves.

Rien ne m’oblige à sortir, à voir d’autres personnes

Le handicap, le fauteuil freinent aussi (mieux qu’une barrière) les élans des autres. Depuis Vaillant, la vie de Jean-Yves est tout autre.

Il m’oblige à sortir, à faire de longues balades, deux fois par jour. Je rencontre du monde grâce à lui. Les gens viennent vers moi par le biais du chien qu’ils trouvent beau

Désormais, Jean-Yves et Vaillant vont chercher le pain. « C’est même lui qui fait la transaction en donnant le porte-monnaie au boulanger au moment de payer !

Mon quotidien a totalement changé. Je lui parle, il veille sur moi. Mon épouse est rassurée. Il m’est arrivé de me retrouver dans une situation inconfortable, Vaillant m’a apporté le téléphone. Sans lui… » Premier levé le matin (à 6 heures), Vaillant lance la journée en venant « secouer » Jean-Yves. « Je l’envoie réveiller Françoise, ne pouvant me lever sans aide. C’est lui le chef d’orchestre ! » À lui, Françoise fait maintenant aussi confiance. Vaillant a su gagner son cœur. Il ne la laisse jamais porter son sac. « Il faut qu’il l’aide, c’est naturel chez lui ! »

Généreux et… gentledog !

Loéline et Facco, 2 ans et demi

C’est en Indre-et-Loire, à l’occasion d’une démonstration, que Sylvie et Éric Grimaud de Fossé découvrent l’association Handi’chiens et entendent parler des chiens d’éveil. Une révélation pour ces parents de quatre enfants dont Loéline, bientôt 7 ans, atteinte de trisomie 21. « Michel Heilig nous a expliqué en quoi consistaient les compétences de ces chiens. C’est ce qu’il fallait pour Loéline », raconte Sylvie.

Loéline est une petite fille qui demande beaucoup d’affection.

Elle recherchait cela auprès de nous, du petit chien de la maison pas toujours bienveillant, vu son âge. C’était compliqué. Facco a pris la relève

La nuit, une phase anxiogène pour la fillette qui se réveille invariablement et… va réveiller le reste de la famille. En février 2012, deux chiens sont présentés à Loéline.
Avec Facco, jeune golden retriver, un lien se tisse. « Idéal en marche en laisse, il sait canaliser l’énergie de Loéline et la stimuler pour qu’elle fasse des efforts, quand il faut. Malgré sa jeunesse, c’est un chien extrêmement sérieux, qui veille sur elle. »

La remise officielle de Facco date du mois d’août. Il s’est habitué à son nouvel environnement et à ses habitants, dont le chien et le chat de la maison.
« Depuis qu’il est là, Loéline ne se relève plus la nuit ! » Chaque soir, Facco se dirige vers la chambre de la fillette. Il monte sur son lit, lui fait un câlin, puis s’allonge contre elle. La petite fille l’entoure de ses bras. Tous les deux s’endorment, la tête de Facco sur la poitrine de Loéline.

S’habiller ou se déshabiller peut devenir source de conflit, Facco intervient. Il tire sur une chaussette, une culotte, la fillette rit.

Tout devient jeu avec lui

explique Sylvie.
Même chose pour s’habiller, il lui apporte ses chaussures ou son manteau. Sortir du bain, toute une histoire avec Loéline… Sylvie travaille sur une commande pour que « Facco lui apporte un drap de bain. Son intervention casse le conflit et fait passer des messages. En trois mois, les améliorations sont importantes et je pense que beaucoup d’autres progrès restent encore à venir. »

C’est Loéline qui donne sa ration à Facco. Une responsabilité dont elle est fière. Elle qui ressentait et souffrait du regard des adultes et des autres enfants, n’hésite plus à répondre aux questions suscitées par son chien. « Les contacts se font plus sympathiques avec Facco », ajoute la maman. Lui aussi veille sur la fillette et rassure Sylvie lorsqu’il prend l’envie à Loéline de se sauver ou de se cacher. Facco part aussitôt à sa recherche et la ramène en sécurité.

Contact

www.handichiens.org

1 commentaire

  1. Bonjour,

    A défaut d’une offre en réponse à ma demande, je pense que vous pourrez répondre aux questions que je me pose.

    Depuis toujours, j’ai eu des chiens, certains ont laissé un souvenir indélébile dans ma mémoire et dans mon coeur. Je m’intéresse actuellement à ces merveilleux animaux au service d’humains en souffrance.

    Je sais que vous avez besoin de famille d’accueil pendant la période correspondant à la formation de ces toutous. Malheureusement, mon âge et mes limites ne me permettent plus d’envisager de proposer un tel service pour des jeunes animaux ayant un grand besoin de se dépenser physiquement. Le côté caresses, soins, éducation pourrait lui être assuré.

    Cependant, je me pose la question du devenir de ces chiens qui arrivés à un certain âge ont également droit à une retraite bien méritée s’ils ne peuvent continuer à vivre auprès de celui ou celle à qui ils ont donné tant de douceur et de générosité.

    C’est l’objectif de ma demande. Agée de 69 ans, j’accueillerais bien volontiers un animal pour une fin de vie dans le calme et la douceur.

    Attention : j’ai déjà trois chats (tous sauvés de l’abandon) auxquels je tiens, et un petit cavalier king charles de 7 ans, sous traitement à vie, pour problèmes cardiaques. Il est bien évident que l’éventuel nouveau venu devra cohabiter harmonieusement avec tous.

    Quelles seraient les conditions pour que ma proposition aboutisse ?
    A qui dois-je m’adresser ?

    J’habite à la Roche sur Yon en Vendée dans une maison individuelle avec
    un jardin clos de murs.

    Je vous remercie pour votre réponse.

    Très cordialement

    Marie-Claude SICARD

    Tel : 02 51 44 85 82

    SICARD Marie-Claude

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