Le retour de l’épicerie de quartier

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Dans son « Petit Jardin », en plein centre-ville de Blois, Thomas Grappy redonne vie à l’épicerie de proximité en proposant des produits de qualité en direct du producteur.

Son Petit Jardin, Thomas Grappy l’a ouvert en juin 2013 en même temps que le groupement d’achat des Epiterriens. Un après-midi par semaine, les clients venaient y récupérer leurs paniers et compléter leurs achats de produits frais. Depuis septembre 2014, le « Petit Jardin » est une épicerie ouverte tous les jours. À l’étal extérieur, Thomas a ajouté un espace de vente dans la maison fraîchement rénovée. Là, il propose des aliments du quotidien : huiles, condiments, céréales… Petit à petit, il étend l’éventail des produits distribués. Tous bio et en grande majorité locaux. Tous soigneusement sélectionnés pour leur qualité.

Valoriser le monde agricole

epicerie3Diplômé en histoire, Thomas n’avait pas vraiment le profil de l’épicier. Son parcours professionnel non plus, qui l’a fait passer par la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) d’Orléans et diverses entreprises publiques et privées. Mais « l’envie de manger des bons produits » et un intérêt tout particulier pour le secteur alimentaire l’a fait bifurquer. Ou plutôt oser ce projet. « Mes grands-parents étaient métayers dans le Limousin. Petit à petit, j’ai vu disparaître le monde paysan et ses conséquences, dont la perte du petit commerce. Pourtant, il reste des bons produits. Je voulais recréer quelque chose autour de ça. » Et puis, comme de nombreux salariés, Thomas n’avait pas le temps d’aller chercher ses légumes à la source. Pas d’autre alternative que le supermarché. C’est là qu’a germé l’idée de recréer un commerce de proximité. « Je veux restaurer un maillon de la chaîne entre des producteurs de qualité et des consommateurs qui veulent manger correctement. » Autrement dit l’épicerie.

Créer des coopérations entre distributeurs

epicerie2Thomas veut permettre aux producteurs de se concentrer sur leur production en leur offrant des espaces de distribution alternatifs. Des circuits courts garantissant à la fois une bonne rémunération des producteurs et des produits accessibles au grand public. « Une idée anticommerciale au possible ! », assume-t-il. Pourtant, elle fonctionne. Pour Thomas, il faut simplement conserver une taille réduite et créer des coopérations entre distributeurs. Un peu comme il l’a fait avec le groupement d’achats des Colibris, au centre social de la Quinière à Blois, avec qui il mutualise ses achats.
Surtout, Thomas veut recréer un espace de lien social. À l’opposé du supermarché, le « Petit Jardin » se veut un endroit « le plus joli possible ». Un lieu agréable où faire ses courses n’est plus une corvée. Parce qu’on y discute, parce qu’on prend le temps de boire un bon café, assis à une table dans le jardin, parce qu’on y découvre des expositions temporaires. Loin, très loin du supermarché. Alice Enaudeau

Info +
Le Petit Jardin, 1, Petits Degrés du château à Blois
Du mardi au samedi, de 10 h à 13 h et de 16 h à 20 h
http://lesepiterriens.com/

© photos Cyril Chigot

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