Le roi des trognes

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Lundi 7 mai, 9 heures. Dominique Mansion, le « papa » des trognes, nous attend devant la Maison botanique de Boursay, lieu qu’il a imaginé il y a plus de dix ans.

Il propose qu’on aille boire un café chez lui, à deux pas du village, pour que la rencontre soit « plus conviviale ». L’homme, simple et chaleureux, a 59 ans et en paraît quinze de moins !  Il raconte sa vie, enfant, dans une ferme à Chauvigny-du-Perche.

« Les chemins creux, la diversité des paysages, les haies… tout ça a formé ma sensibilité. »

Du coup, il se dirige naturellement vers les Beaux-Arts de Tours. « Après, j’ai trouvé un travail dans les Deux-Sèvres, chez Heuilliez, comme styliste automobile ». Un job alimentaire. « Mais j’avais un souhait : revenir dans ma région d’origine. » En 1980, il fonde l’association Perche nature  et trouve, trois ans plus tard, un travail d’animateur pour la ville de Blois. Une amie lui met le pied à l’étrier en lui commandant les illustrations de La Flore forestière française (trois tomes, devenus « des ouvrages de référence »). « Ce travail m’a propulsé dans le monde du dessin naturaliste. »
Dominique Mansion évoque son rapport à la nature :

« J’en ai une connaissance empirique. Avec Perche nature, j’ai eu une formation ornithologique, et ma formation scientifique s’est faite avec mes dessins botaniques. »

En 1994, Dominique Mansion met en place un chemin botanique, à Boursay, « pour faire connaître la flore » puis il crée le Jardin des trognes, en 1999, pour le Festival des jardins de Chaumont-sur-Loire. « Sans Chaumont, on n’aurait jamais fait le Chemin des trognes de Boursay (inauguré en 2002). Je voulais que les trognes reviennent au pays, ça a rendu ce projet plus évident sur le terrain. » Son idée de base ?

« Rendre hommage aux générations de paysans qui avaient taillé ces trognes. Pour moi, c’est un projet artistique, du land art. »

Beaucoup voient les trognes comme « des arbres morts. Mais c’est tout le contraire ! Les trognes, taillées régulièrement, sont vivantes, elles déclenchent l’imaginaire. D’ailleurs, elles accueillent des oiseaux, des insectes, des chauves-souris… »  Il évoque ses parents, « des petits paysans », dont le père aimait la photo : « Un paysan qui faisait de la photo, c’était exceptionnel ! » Lui-même a réalisé plus de 20 000 photos de trognes ! Aujourd’hui, ce Percheron se définit comme
« profondément artiste, militant, avec une démarche d’anticipation et une vraie liberté ». Il aime « transmettre, faire voir les richesses qui paraissent naturelles mais qui ne le sont pas, montrer les arbres comme un patrimoine ». Pour clore la conversation, direction le jardin où la nature est reine. Les haies sont champêtres (grâce au plessage, qui permet de tailler les arbres pour les plier et les entrelacer), la tonnelle fraîche et la mare bien vivante !

4 commentaires

  1. Bonjour,

    n’est-il pas temps de parler  » au monde  » ( urbi et orbi ) des Trognes ?!
    je ne suis pas dans l’Ouest de la France mais dans mon enfance j’ai pu voir toute sorte de trognes – on disait têtard par chez nous – et je pense que cela va se perdre!
    je ferai bien partie d’une association pour la défense des Trognes
    et vous ??
    merci et à suivre
    BL

    lavalette bernadette

  2. Votre aquarelle me fait penser à un dessin de rosa bonheur.

    Bravo et merci pour votre article.

    Si vous aimez les arbres, je vous invite à venir visiter aussi mes dessins sur
    http://art-borescences.pagesperso-orange.fr/

    Bonne continuation 😉

    art-borescences

  3. Bonjour,
    ayant eu le plaisir de rencontrer M. Dominique Mansion alors qu’il « croquait » une plante rare le long de l’Aigre à Romilly sur Aigre mardi dernier, 5 août 2014, je me permets de poser une question au sujet d’une plante aquatique, la macre ou corne du diable. Dans mon enfance, nous trouvions dans le vieux canal, à Briare (45250), des châtaignes d’eau qui étaient, du moins dans mon souvenir, consommables. Je n’en ai pas revu depuis bien des années puisque je réside depuis très longtemps dans la région de Châteaudun. Cette plante aurait-elle disparu de nos cours d’eau? Au plaisir de lire votre réponse.

    Marsat

  4. Bonsoir Monsieur Trogne ! On ne vous a pas écrit beaucoup depuis un an ! me lirez-vous un jour ? J’habite un lieu-dit LA FRENA (c’est sans doute du berrichon pour dire LA FRENAIE … sur la commune de Chabris, le Loir et Cher à ma droite et à ma gauche, petite enclave dans le nord de l’Indre : aussi prêterez-vous doublement attention à ce message ?
    Bien sûr nous y avons de très nombreux frênes. Dans notre jardin nous n’en avions pas. Alors nous avons accueilli trois jeunes sujets pris sur le bas-côté. Ils ont grandi et nous aimerions en faire une trogne, un tétard, un tétau, comme on veut. Ceci pour renouveller par ici de très vieux trognes entrain de mourrir … à moins que nous puissions sensibiliser, avec votre aide ou conseils, les voisins et propriétaires du lieu-dit LA FRENA pour les entretenir, les sauver ou bien en créer de plus jeunes ? pour les générations suivantes ?
    Bien cordialement
    Mme ORSEL

    mamytalou

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