Marcel Covello joue du couteau

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Et si on entrait dans l’atelier d’un coutelier forgeron ? Direction la Sologne, à Romorantin-Lanthenay.

Marcel Covello est un artisan passionné et atypique. Après une carrière dans l’industrie métallurgique, l’homme a profité de ce qu’il appelle, avec une pudeur amusée, une « opportunité économique » pour se reconvertir. Il est parti à Tournon, dans la Drôme, apprendre son art. « J’y ai appris à forger et les éléments de base pour fabriquer un couteau. »

Travailler des matières brutes

Marcel Covello est ainsi devenu coutelier-forgeron. « Le couteau peut être traité en tant qu’objet d’art, explique-t-il. D’ailleurs, des collectionneurs les exposent dans des vitrines. »
Il aime travailler les matières brutes, l’acier, le bois, les matériaux composites, et les associer. Inspiration, ré-interprétation, les couteaux qu’il expose dans son atelier sont tout sauf communs. « J’essaie d’imaginer des formes qu’on n’a pas l’habitude de rencontrer, des couteaux qu’il faut parfois apprivoiser. »
Ce couteau au look quasi végétal, quelque part entre la plante épineuse et la créature griffue, en est la preuve vivante. C’est un modèle dont le manche exige d’être saisi lentement, afin que chaque doigt trouve sa place sous d’étonnantes épines métalliques. « C’est un couteau qu’on ne peut saisir sur une impulsion », explique l’artiste avec des yeux malicieux, avant de confirmer qu’il s’est inspiré du végétal pour créer ce manche surprenant.

Une démarche singulière

« Le couteau, ce n’est pas que la lame. D’ailleurs, forger la lame n’est pas ce qui prend le plus de temps », précise-t-il devant l’enclume sur laquelle il travaille. Les manches sont travaillés avec soin. « J’aime associer plusieurs bois, l’ébène et le buis, par exemple », dit-il en montrant un couteau au joli manche ombre et lumière.
Attention, la démarche de cet artisan est singulière. « Je ne pars pas d’une fonction pour imaginer une forme. L’utilisation m’importe peu quand je crée un couteau. »
Marcel Covello créé également les étuis (en cuir) et les fourreaux (en bois). Pour le cuir, il travaille avec un sellier installé à Mer, auquel il fournit des patrons réalisés selon son inspiration. Quant au bois, il le travaille lui-même, et il peut provenir d’essences locales (buis, houx, noyer…) ou plus lointaines (ébène). « Il faut que ce soit du bois dense pour les manches. »

Peu de couteliers en Loir-et-Cher

Ils ne sont que deux ou trois couteliers en Loir-et-Cher. Les couteaux de Marcel Covello sont signés sur la lame d’une salamandre, derrière laquelle sont entremêlées ses initiales. Vous pouvez les découvrir dans son atelier ou au gré des expositions d’artisanat d’art auxquelles il participe.

Julie Bind

Info +
Marcel Covello
64, avenue de Paris -41200 Romorantin-Lanthenay
Atelier ouvert du jeudi au samedi, de 14 h à 18 h –Sur RV les autres jours
www.marcelcovello.com

© Cyril Chigot

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