Le musée Matra de Romorantin-Lanthenay marie mécanique et histoire locale

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À Romorantin-Lanthenay, dans l’ancienne usine des caméras Beaulieu, l’histoire de Matra s’écrit dans un musée qui ravira autant les amateurs de sport automobile que les visiteurs curieux de comprendre la saga Matra Automobiles et l’histoire récente de la ville.

C’est un musée chargé de symboles : ceux du faste industriel de Romorantin-Lanthenay. Sur ce site de 3 000 m² au cœur de la ville se conjuguent deux mythes : celui des caméras Beaulieu que nombre de réalisateurs utilisèrent dans les années 1960 et 1970 jusqu’à l’arrivée de la vidéo, et celui des usines automobiles Matra. Car c’est dans les anciennes usines Beaulieu que la ville de Romorantin-Lanthenay a installé le musée Matra en 2000, en hommage à la firme automobile qui fit les beaux jours de la cité.

Des voitures de rêve

Les amateurs de mécanique apprécieront non seulement l’exposition permanente de voitures historiques Matra, dans la partie principale du musée, mais également l’exposition temporaire1 « C’est l’Amérique », qui présente des modèles tout droit sortis d’un film américain des années 1950 et 1960 : Ford Thunderbird turquoise de 1963 aux sièges en cuir, Cadillac de 1955 ou Buick de 1960, comme autant d’incarnations du rêve américain. Mais l’Amérique rebelle n’est pas oubliée avec une incroyable collection de Harley Davidson, dont un étonnant modèle de 1918 plus proche de la bicyclette que des engins de Peter Fonda et Denis Hopper dans Easy Rider…

De Matra à Matra Automobiles

Mais loin de n’être qu’un musée sur l’automobile, le musée Matra a de quoi séduire les plus rétifs à la mécanique tant il retrace la saga de la marque et permet de comprendre le passé récent de la ville de Romorantin-Lanthenay.
On découvre ainsi comment Matra, plus connue pour l’armement et l’aviation, s’est diversifiée dans l’automobile à partir de 1964 en rachetant les usines romorantinaises de René Bonnet, premier industriel à avoir conçu et fabriqué des voitures de sport de série (dont la fameuse Djet), inspirées de la compétition automobile. La même année, Jean-Luc Lagardère arrive pour monter l’écurie Matra Sports qui enchaînera les succès dont le titre de champion du monde F1 en 1969. Jacky Icks, Graham Hill ou Jack Braham en seront les pilotes.
Pendant vingt ans, les usines Matra produisent des voitures de sport comme la Matra 530, qui doit son nom au missile air-air du même nom produit par la branche armement de la maison, la Bagheera, la Murena ou encore le fameux Rancho

L’épopée de l’Espace

La suite de l’histoire, quant à elle, s’écrit au sous-sol du musée. En 1984, le Pdg de Matra, Philippe Guédon, imagine un véhicule familial inspiré du van américain, qu’il nomme « monospace ». Ni Peugeot ni Citroën n’y croient. Il finit par faire affaire avec Renault qui vend péniblement 9 exemplaires de son « Espace » la première année. La suite sera plus heureuse : c’est l’heure de gloire des usines Matra de Romorantin-Lanthenay dont 350 véhicules Espace sortent chaque jour. L’Avantime n’aura pas le même succès : son échec commercial signe la fermeture des usines et la fin de Matra Automobiles en 2003.
Lestée d’un industriel majeur, Romorantin-Lanthenay devra alors commencer sa longue mue.
Alice Enaudeau

1 – Jusqu’au 11 novembre.

Info +
17, rue des Capucins – 41200 Romorantin-Lanthenay. Ouvert 7 j./7 du 1er juillet au 31 août, de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 18 h – Samedi, dimanche et jour férié de 10 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 18 h (sinon, fermeture hebdomadaire le mardi).
Tarif : 6 €, 4 € (réduit et groupe à partir de 15 pers). Gratuit pour les enfants de moins de 8 ans et les demandeurs d’emploi.
www.museematra.com/

© Nicolas Derré

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