Philippe Duchemin veut faire décoller Mekamicron

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Ex-cadre dans l’industrie, Philippe Duchemin a repris Mekamicron, fabricant blésois de pièces mécaniques pour l’aéronautique, en 2012. Un parcours de repreneur classique, mais loin d’être facile, qui lui a demandé plusieurs années pour aboutir.

mekamicron3Cadre dirigeant dans un groupe industriel, Philippe Duchemin a largué les amarres en 2012 pour tenter l’aventure de la reprise d’entreprise. « Ça me tentait depuis longtemps, mais j’hésitais. Ce sont des rencontres avec des dirigeants de PME qui m’ont décidé. » Et il le dit tout net, ce n’est pas par motivation financière qu’il a franchi le cap puisqu’il a lâché un salaire très confortable assorti d’avantages pour se lancer. Non, plutôt l’envie de satisfactions personnelles. « Dans un grand groupe, on perd le goût du résultat car tout est dilué dans les multiples strates de décision. Il y a très peu de place pour les réussites personnelles. A contrario, dans une PME, il y a une notion d’engagement, de risques. Il y a le goût de développer les hommes et le marché. »

La reprise d’entreprise, un marché comme les autres

mekamicron1Mais il ne suffit pas de décider qu’on va reprendre une entreprise pour trouver chaussure à son pied. Il a fallu deux ans à Philippe Duchemin pour trouver la PME qui lui convenait et l’entrepreneur qui voulait bien lui vendre. Car, la reprise d’entreprise est un marché comme les autres : « C’est très concurrentiel, reconnaît Philippe Duchemin. Les PME les plus intéressantes sont souvent reprises par d’autres entreprises engagées dans des logiques de croissance externe. » Et puis, il faut plaire aux vendeurs, ce qui n’est pas toujours gagné : « Les cédants sont parfois mal conseillés. Certains dirigent leur entreprise depuis plus de quarante ans et sont décalés des réalités du marché. Ils n’adhèrent pas aux projets présentés par des repreneurs plus jeunes. » Même si les acteurs  ̶  Banque publique d’investissement, chambres de commerce et d’industrie, associations  ̶  sont nombreux à soutenir les repreneurs, le parcours peut être long et difficile. Sans parler des financeurs qui ne se laissent pas convaincre facilement. Philippe Duchemin l’admet : « Si on n’est pas vraiment engagé, on ne va pas jusqu’au bout. »
Mais c’est aussi ce parcours sinueux qui empêche de reculer après coup : « Quand on est embarqué dans ce genre d’aventure, c’est comme si on avait largué les amarres, il n’est pas question de revenir en arrière. Et puis, du stress, il y en a aussi énormément dans les grands groupes lorsqu’on est cadre intermédiaire… »

Mettre l’homme au cœur du projet

mekamicron5Alors qu’il a repris l’entreprise Mekamicron depuis deux ans, Philippe Duchemin est engagé dans un véritable plan de développement. Il a d’ailleurs racheté MKI, fabricant de pièces automobiles à Villebarou, cette année.
Pourtant, Mekamicron, il n’y croyait pas vraiment lorsqu’il est venu la visiter. Le cadre, les machines et les locaux vieillissants, rien n’était vraiment attractif… Mais il a rencontré là des professionnels au savoir-faire certain qui lui ont donné envie de rester. C’est d’ailleurs cette relation avec les hommes qui est au cœur de son projet. Pour lui, impossible de diriger le navire sans faire preuve de transparence vis-à-vis d’eux : « Quand je suis arrivé, je leur ai dit clairement que l’entreprise allait bien mais que si elle restait sur sa ligne, elle risquait de mourir. Je leur ai présenté ma feuille de route et mes objectifs.» Pour favoriser l’implication de tous, son premier chantier consiste à développer les responsabilités intermédiaires et la communication interne. Un défi pour cet ingénieur de formation qui admet lui-même ne pas être spécialiste des ressources humaines. Mais c’est justement l’instauration de mekamicron2rapports humains de qualité au sein de l’entreprise qui l’intéresse. Une condition sine qua non selon lui pour obtenir de bons résultats. Philippe Duchemin souhaite aussi créer une nouvelle dynamique humaine en embauchant des apprentis et des jeunes ingénieurs pour développer des projets sur de nouveaux marchés. Il s’anime en annonçant le grand projet 2015 qui réunira les 50 salariés de Mekamicron et MKI dans un bâtiment neuf à Villebarou où il pourra réorganiser l’espace et le fonctionnement de l’usine.
Philippe Duchemin est lancé et il entend bien faire participer son entreprise à un marché de l’aéronautique en pleine croissance.

© N.Derré

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