Rencontre avec Henri, facteur… de pianos

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À Mer, dans son atelier empli d’outils en tous genres, Henri Grandjacques exerce un métier rare : facteur de pianos. Pourquoi a-t-il choisi cette voie ? Comment est-il devenu un professionnel reconnu ? En quoi consiste son activité ? Il nous raconte une histoire de musique et de voyages.

Annecy

piano3« J’ai fait un bac scientifique et j’ai commencé des études de biologie. En même temps, je pratiquais la musique. J’apprenais le violoncelle et le piano au conservatoire. J’ai commencé à m’intéresser de plus en plus à ce qu’il y avait dans le ventre de l’instrument. Un stage m’a conforté dans mon choix. À Annecy, d’où je suis originaire, il n’y avait personne pour accorder les pianos. On devait faire appel à un professionnel de Genève. Dans les années 1980, le métier offrait encore des débouchés. Aujourd’hui, ils se sont bien restreints (?), en particulier avec le développement des pianos électroniques. »

Schwelm

piano6« J’ai laissé tomber la biologie. C’était décidé, je serais facteur de pianos. J’ai la chance d’avoir une bonne oreille. Ce métier me permettrait de voyager, d’être en contact avec des musiciens, d’aller dans plein d’endroits passionnants… Marier le côté bricolage et le côté son me plaisait aussi. J’ai trouvé un apprentissage, seul moyen de se former à ce moment-là. Je suis parti en Allemagne, dans la prestigieuse maison Ibach, pour apprendre les étapes de la fabrication d’un piano. Puis, j’ai été embauché. En tout, je suis resté là-bas quatre ans. »

Paris

piano5« De retour en France, j’ai ouvert un atelier à Paris. J’y faisais de la restauration et, en même temps, je travaillais à la préparation de pianos pour des studios d’enregistrement, la Cité de la musique, la Maison de la radio, des boîtes de jazz comme le New Morning, bien connu des amateurs du genre. Des artistes ont fait appel à moi : Ariane Mnouchkine, Liane Foly, que j’ai accompagnée en tournée, et bien d’autres… »

New York

piano1« J’avais un rêve depuis longtemps : travailler chez Steinway & Sons à New York. Je suis parti tenter ma chance et j’ai été embauché. Pendant deux ans, j’ai fait de l’harmonisation, dix heures par jour. Cette opération délicate consiste à piquer et à poncer les feutres des têtes de marteau pour les assouplir. Elle détermine la texture du son du piano : velouté, brillant, doux… Chaque musicien a ses exigences ! »

Mer

piano4« À la fin des années 1990 est arrivé le moment où j’allais devenir papa. Je voulais avoir plus de temps à consacrer à ma famille. J’ai décidé de rentrer en France. Le Loir-et-Cher nous plaisait et sa proximité de Paris, gros vivier de clients, était un atout. J’ai trouvé un atelier à Mer. J’y fais de la restauration : le meuble, la mécanique et la table d’harmonie. Côté accordage et petites réparations, je me déplace chez les particuliers et je travaille pour les écoles de musique locale, les salles de spectacle… J’ai développé aussi une activité de location de piano de concert. Je m’oriente de plus en plus vers les instruments haut de gamme. »

Le saviez-vous ?

Un piano doit être accordé au moins une fois par an.
La tension exercée sur une corde de piano est de 20 tonnes.
Un piano à queue présente 800 à 900 points de réglage qu’il faut traiter un par un.

En pratique
Tarifs : accord : 85 € (sur Blois et 10 km autour de Mer. Au-delà, se renseigner).
Harmonisation, réglage : sur devis

Info +
Tél. 02 54 46 88 71
ZA des Portes de Chambord à Mer (sur rendez-vous)
www.pianoconcert.fr

Photos © N. Derré

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