Repenser l’agriculture

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Circuits courts, développement du territoire et de l’emploi rural… Le modèle agricole proposé par les associations regroupées à la Maison de l’agriculture paysanne veut redonner à l’agriculture une dimension citoyenne et territoriale.

« Il faut élargir la vision de l’agriculture et sortir de la notion de production pure pour participer au développement du territoire. » En une phrase, tout est dit. Agricultrice et administratrice Ardear et Addear 41, Anne Martin résume toute l’ambition du réseau InPACT Centre qui fédère les associations regroupées à la Maison de l’agriculture paysanne, à Blois.
Loin du modèle productiviste édicté pour nourrir la population d’après-guerre, l’agriculture paysanne veut ré-intégrer la société dans son ensemble à travers trois axes :

  • une agriculture citoyenne qui contribue à la préservation des ressources naturelles et à la redéfinition des paysages,
  • une agriculture territoriale qui participe au développement et au dynamisme des territoires, notamment par la création d’emploi et le maintien du commerce dans les campagnes,
  • une agriculture multifonctionnelle qui allie la production à d’autres fonctions comme la préservation des écosystèmes ou la production d’énergies renouvelables.

Redonner vie à la campagne

Redynamiser les campagnes, c’est favoriser l’installation de nouveaux agriculteurs sur le territoire. Une des missions du réseau InPACT consiste à accompagner les porteurs de projets agricoles. Depuis cinq ans, l’Addear suit une trentaine de personnes par an. Si tous n’aboutiront pas (7 à 8 projets se concrétisent tous les ans), l’objectif est d’épauler au mieux ces nouveaux paysans. « C’est à nous, paysans installés, d’aider les gens à se poser les bonnes questions et à se faire les bons réseaux », assure Anne Martin.

Animatrice de l’Addear 41, Cléa Carmillet confirme : « Le réseau Addear est constitué de paysans installés qui veulent retrouver des campagnes vivantes. Pour eux, ces nouveaux paysans ne représentent pas une concurrence mais une opportunité de repeupler les fermes. Il y a donc des systèmes de tutorat pour insérer progressivement ces nouveaux agriculteurs. »

Les porteurs de projet viennent d’ailleurs frapper à la porte de l’Addear avec une certaine idée du métier : « Il s’agit de gens qui sont dans une dynamique de valorisation du territoire avec des projets à forte valeur ajoutée, explique Cléa Carmillet. Ils ne veulent pas se contenter de produire : ils veulent transformer le produit et être dans une démarche de vente directe. Ils veulent être paysans pour réaliser un ensemble de tâches intéressantes. » Tel ce paysan-boulanger de Mer qui cultive et transforme lui-même ses céréales.

Favoriser l’échange avec le consommateur

D’un côté, des agriculteurs ont envie de distribuer leurs produits en vente directe ; de l’autre, des consommateurs ont envie de consommer local. Ces deux demandes parallèles devaient donc être accompagnées. C’est une autre mission de l’Addear qui met en lien producteurs et consommateurs via la création d’Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) ou de groupements d’achat. L’Amap de Saint-Lubin-en-Vergonnois a ainsi été créée parallèlement à l’installation d’un jeune maraîcher sur cette commune. Depuis, d’autres producteurs l’ont rejointe.

Aujourd’hui, le Loir-et-Cher compte une dizaine d’Amap et plusieurs groupements de producteurs, dont trois à Blois.

Pour le réseau InPACT, ce dialogue entre paysans et consommateurs est primordial : « Il y a une réelle volonté de travailler de façon à ce que les consommateurs rencontrent les producteurs, explique Cléa Carmillet. Nous sommes persuadés que c’est en étant totalement transparents sur les méthodes de production que tout le monde, consommateur et producteur, pourra s’y retrouver. » Une transparence qui passe aussi par la vente directe à la ferme et des visites organisées pour les groupes.

Diversifier le métier de paysan

Réintégrer l’agriculture au sein de la société, c’est aussi faire découvrir des métiers. Membre du réseau InPACT, l’association Accueil paysan encourage la découverte de la ferme. Chambres d’hôtes, gîtes, camping, tables d’hôtes… « Accueil paysan » soutient les agriculteurs qui souhaitent diversifier leur activité et développer le tourisme durable. « Il ne s’agit pas de créer des musées ou des zoos dans les fermes, mais de montrer réellement aux visiteurs comment nous travaillons », explique Anne Martin. Animatrice « Accueil paysan » Centre, Emilie Piet renchérit : « Les paysans engagés dans cette démarche veulent faire connaître leur métier et sensibiliser les vacanciers à une agriculture paysanne respectueuse de l’environnement. »

Infos pratiques

La Maison de l’agriculture paysanne regroupe 5 associations et les antennes régionale et départementale de la Confédération paysanne :

InPACT Centre : Initiative pour une agriculture citoyenne et territoriale.
Membre du réseau national InPACT, l’association fédère les associations agricoles régionales engagées dans une démarche citoyenne et territoriale.
Tél. 09 54 70 77 44 – inpact.centre@yahoo.fr

Ardear : Association régionale pour le développement de l’emploi agricole et rural
Tél. 02 54 43 32 94 – Ardear.centre@yahoo.fr
Addear 41 : Association départementale pour le développement de l’emploi agricole et rural en Loir-et-Cher.
Tél. 02 54 56 00 71 – addear_41@yahoo.fr

Accueil Paysan
Tél. 02 54 20 78 29 – centre@accueil-paysan.com

Terre de liens
Tél. 06 22 01 24 10 – agnes.zoppe@free.fr

Confédération paysanne Loir-et-Cher
Contact. Tél. 02 54 56 00 71
Confédération paysanne Centre
Tél. 09 80 67 63 46

La Maison de l’agriculture paysanne : 87 A, route de Château-Renault, 41000 Blois
Tél. 09 54 70 77 44