Une vie à tiroirs

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Un parcours atypique, une curiosité sans limite, l’âme voyageuse, artiste à ses heures, André Guérineau aime employer ses mains. Avec du bois de récupération, des bouts trouvés ici et là, il réalise des maquettes à l’échelle 1/70e, avec une précision du détail quasi obsessionnelle.

Difficile de ne pas retrouver ses yeux d’enfant devant les créations d’André Guérineau. Dans l’atelier du menuisier, on s’attend presque à voir rougeoyer le ventre du vieux poêle à bois. Les dents de la scie à cadre sont aiguisées. « Elle scie », confirme André. Les couteaux du boucher, son billot de découpe, « en souvenir de mon métier de charcutier »… la fourche à foin plantée dans des ballots de (vrai) foin… rien ne manque, pas le moindre détail !

Tout gamin, il bricolait déjà

lci84_guerineau3Cette passion du bois lui est venue naturellement, dans les années 1990. « Gamin, je bricolais déjà, c’est parti d’une petite charrette que l’on m’avait offerte. Je m’étais même “amusé” à transformer le lit de poupée de ma sœur. Qu’est-ce qu’elle a pu brailler ! » sourit-il encore à l’évocation de ce souvenir. « Quand je vois un bout de bois, j’ai tout de suite envie d’en faire quelque chose. Les idées viennent toutes seules. » Enfant, André Guérineau a vécu huit ans dans une ferme. « Je m’appuie sur les images que j’ai gardées en mémoire, sur des photos et des documentaires agricoles. J’essaie de reproduire au plus juste les outils, les matériels utilisés autrefois par le monde rural. »

Des chevaux, des charrettes, une guillotine…

lci84_guerineau7Des charrettes, il y en a de toutes les sortes : charrette à chien, tombereau, carriole, céréalière, vachère… Certaines sont attelées de puissants chevaux percherons. Des créations « maison », elles aussi. « J’ai fait un moule et je coule mes chevaux en plâtre. Je les peins et pour la crinière… j’utilise des cheveux de poupées Barbie. » André se plaît aussi à réaliser des répliques exactes de meubles, « chevillés », précise-t-il. « Ils plaisent beaucoup. » Sans aucun doute et certainement bien plus que la guillotine qui trône à côté. « Parfaite pour les fumeurs de cigare. Mais attention, il ne faut pas y mettre les doigts, elle tranche pour de vrai ! »

« Il n’y a pas un sujet qui me laisse indifférent »

lci84_guerineau6André Guérineau, au profil atypique, est né à Artins. Des études primaires à Montoire-sur-le-Loir, un apprentissage à Château-Renault pour être charcutier-traiteur, un métier qu’il exercera à Rochecorbon (37) puis à Paris pendant plusieurs années avant de renouer avec ses racines. Il est un temps charcutier de campagne : « J’allais de ferme en ferme pour tuer le cochon et faire la charcuterie. » Puis il devient charpentier couvreur et même confiseur à la chocolaterie Poulain ! Il poursuivra sa carrière professionnelle comme facteur à Herbault. « Tout en assurant treize années de sapeur pompier volontaire », en parallèle. Cet autodidacte touche-à-tout trouve le temps (aussi) de s’adonner à la peinture. Son inspiration : l’Afrique. « J’y vais depuis dix-huit ans, mon frère vit là-bas. » Son métier d’origine fait qu’il s’intéresse aussi à la taxidermie. « Tout m’intéresse. »

Coupeur de feu

Une particularité, physique cette fois, distingue André. Au creux de sa main, les lignes forment une étoile. « La marque de ceux qui ont reçu le don », dit-il. « J’ai celui, certain, de coupeur de feu. Plus une bonne dose de magnétisme et le travail qui va avec, afin de le maîtriser. Ce don me permet de soigner certaines maladies de la peau : les verrues, le psoriasis, l’eczéma, l’herpès, l’acné, le zona… ». S’il fallait définir André Guérineau en deux mots, ce serait : “surprenant” et “passionnant” !

© Laurent Alvarez

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