Marc Lopez Bernal : « Peindre c’est penser, être là, au monde »

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Peintre et docteur en arts plastiques et sciences de l’art, Marc Lopez Bernal vit et travaille entre Maisons-Alfort et Contres, dans sa maison de famille. Passionné de littérature, il essaye de transmettre une présence poétique à travers ses œuvres.

Une enfance en Argentine

« Je suis perfectionniste et bavard ! », annonce Marc Lopez Bernal, tout en peaufinant l’installation de ses tableaux dans le cloître de l’Hôtel du Département pour son exposition « Être là » (visible jusqu’au 23 mai 2017). Né à Paris en 1948, il a passé son enfance en Argentine (de 1950 à 1963). « Il n’y avait pas de cours de dessin à l’école, je lisais des BD, Popeye, Mickey et je dessinais un peu, comme les autres enfants, mais il n’y avait pas d’art ». A Buenos Aires, les professeurs notent un Marc paresseux. « J’étais nul dans toutes les matières, un vrai cancre, j’avais honte… ». Il sèche les cours et prend le train pour aller contempler les paysages. « Là-bas, c’est plat comme en Beauce mais sur 2 000 km, les horizons sont infinis ».

Retour en France

A 15 ans, il revient en France, chez son grand-père à Paris. Ce dernier d’origine tourangelle a une maison de campagne à Contres. Adolescent, Marc Lopez Bernal va y passer toutes ses vacances. « Je faisais du vélo, des balades dans les bois, la cueillette des fraises pour gagner un peu d’argent, je dessinais et j’allais draguer les filles à Blois ». C’est à Paris, en classe de troisième qu’il suit ses premiers cours de dessin. « J’avais 20/20 ! ». Un conseiller d’orientation l’envoie alors en seconde « arts appliqués ». « Quand je suis rentré pour la première fois aux arts appliqués, j’ai vu tous les dessins accrochés aux murs, j’étais au paradis ! ». Motivé par sa passion, il devient alors un bon élève.

« De paresseux, je suis devenu un philosophe zélé »

Après le lycée, Marc Lopez Bernal rentre à l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris où il apprend notamment la sculpture pendant trois ans à l’atelier d’Etienne-Martin, l’un des plus grands sculpteurs français du XXe siècle. Il obtient son diplôme en 1973, puis celui de l’Ecole normale supérieure de l’enseignement technique de Cachan en 1982 pour devenir professeur en arts appliqués. Il poursuit en 1999, avec un doctorat en arts plastiques et sciences de l’art à la Sorbonne pendant lequel il travaille sur l’alphabet hébreu. « De paresseux, je suis devenu un philosophe zélé, j’ai beaucoup étudié ». En parallèle, il peint presque tous les jours, un besoin pour exprimer son énergie. « Ne pas se rendre compte que l’on peint quand on peint, peindre comme on vit, comme on pense, moyen d’être avec soi », écrit-il. Henri Matisse est l’une de ses références.

Passionné de poésie

Depuis qu’il est à la retraite, Marc Lopez Bernal vit entre Maisons-Alfort et Contres, dans sa maison familiale à laquelle il est très attaché. Il passe des heures à lire des auteurs de la région comme Balzac et Ronsard, mais aussi beaucoup de poésie. Il essaye d’ailleurs de transmettre une présence poétique à travers ses œuvres. L’artiste peint beaucoup, presque tous les jours, du petit au très grand format et toutes les matières. Parfois, il intègre même du bois, du métal, du sable ou encore des cailloux à ses toiles. Avec le temps, il revient aussi sur certaines œuvres, les remanient. « Quand je commence, je ne sais pas où je vais, je laisse aller, je reste libre et peu à peu, ça se met en ordre après avoir été dans le chaos ».

Chloé Cartier-Santino

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