Portrait – Jean-Claude Raoul

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« L’image est un moyen d’observer finement ce qui nous entoure »

Depuis son adolescence, Jean-Claude Raoul a toujours un œil derrière l’objectif. Ce merois a publié plusieurs livres de photographies sur le Loir-et-Cher et la Chine où il a vécu dans un petit village de riziculteurs de montagne. Depuis deux ans, il se consacre à la réalisation d’un documentaire-fiction qui retrace la vie quotidienne dans la Sologne des années 1920. Sortie prévue fin septembre 2017.

Quand avez-vous commencé la photographie et la vidéo ?

Mon parrain m’avait offert un appareil photo pour mes 14 ans. C’est lui qui m’a initié. Plus tard, il m’a donné sa caméra Beaulieu, fabriquée à Romorantin, utilisant le film 8 mm, ce qui m’a permis de gouter à l’image animée mais je n’ai jamais arrêté la photo. L’image est un moyen d’observer finement ce qui nous entoure, ici comme dans d’autres pays et de chercher à comprendre ce qui, entre nous, diffère. Surtout sans penser que nous sommes les meilleurs…

Quel a été votre parcours professionnel ?

Je suis rentré à la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux et j’y ai fait toute ma carrière en commençant comme dessinateur et en terminant attaché au service communication. En parallèle, j’ai publié plusieurs livres de photos sur le Loir-et-Cher, la vallée du Loir et la Sologne. Le premier, en 1991, était une demande de Roger Goemaere, alors président du Conseil général de Loir-et-Cher pour valoriser notre département, connu par la chanson de Michel Delpech dont on retenait surtout : « On dirait que ça te gêne de marcher dans la boue », mais moins par son patrimoine et ses atouts. Puis, j’ai pris ma retraite prématurément pour tourner un documentaire en Chine et au Tibet.

Quelle a été votre expérience en Chine ?

J’ai passé plus d’une dizaine d’années à observer le développement d’un petit village de 230 riziculteurs de montagne qui s’était ouvert au tourisme. En cumulé, j’y suis resté un peu plus de cinq ans. J’ai été très heureux en Chine, un bonheur que je n’aurais jamais pu imaginer. Ce sont eux qui sèment, en plus de leur riz, du bonheur que je récolte à profusion tous les jours. Je continue à y retourner tous les ans. Je suis resté deux ans en France pour réaliser mon docu-film « Courjumelle » sur la Sologne dans les années 1920. Mais la semaine prochaine, je serai de nouveau dans ce petit village que j’aime tant.

Pourquoi avoir choisi la Sologne pour votre film ?

Je la connais bien sur le plan de la nature et j’y ai fait, en plus du livre « Quatre saisons en Sologne », de la recherche sur la tradition orale avec un groupe nommé « Les Brandelons », qui par la suite a donné naissance à l’Union pour la culture populaire en Sologne. Je l’ai beaucoup sillonnée avec mon vélo car j’ai un passé de coureur cycliste amateur.

Pourquoi la période des années 1920 ?

Ce sont les années d’après la guerre 14-18 pendant lesquelles des bouleversements dans l’agriculture, le machinisme, les voies de communication, les mentalités et croyances se sont produites. Rien n’est comparable. Je voulais aussi évoquer ces paysages, métiers, gestes, qui ont disparu. Ces souvenirs sont en train de s’effacer des mémoires et grimper dans les étoiles avec les personnes qui s’en rappelaient. Je pense que j’ai un public qui y sera très sensible. Ne pensez pas que je suis un nostalgique de cette période. Je préfère, et de loin, vivre à notre époque qu’en 1920.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile à reconstituer ?

L’urbanisme des villages, des fermes en activité et les animaux. Pour le pur jus, il faut avoir des moyens financiers importants pour réaliser des décors. Comme je n’ai eu aucune subvention, j’ai utilisé le système « D ». Je pense que ça va le faire, comme on dit… La bande annonce est sur les réseaux sociaux et elle reçoit un très bon accueil.

Propos recueillis par Chloé Cartier-Santino

La bande-annonce de Courjumelle : https://courjumellelefilm.wordpress.com/courjumelle-terre-de-sologne/
L’avant-première aura lieu le 29 septembre à la salle des fêtes de Souvigny avec toutes les personnes qui ont participé au film. Ensuite, il sera possible, à la demande, de diffuser le film.

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