Un après-midi d’été, rue du Change à Vendôme. Andrès Bernat, de l’épicerie Aux Produits d’Espagne, sourit. Il est heureux de raconter l’histoire de sa famille, venue des Baléares, dans les années 1900. Dans la boutique, une photo de 1922, avec ses ancêtres installés sur le pas de la porte « À l’époque, l’épicerie s’appelait Aux Iles Baléares », précise-t-il. Andrès explique : « Mon grand-père est arrivé à 40 ans ici, il avait un ami à Blois. La propriétaire des murs a bien voulu lui louer l’épicerie. Puis ma mère a pris la suite. Mon père, quant à lui, souhaitait monter une affaire à Paris. Mais ma mère a dit : « Je reste là »… et il est resté aussi ! Mais il a regretté le dynamisme de la capitale. » Andrès, pour sa part, n’avait pas envie de voyager.
« Tout petit, je ne pensais qu’à faire des étalages ».
Il poursuit : « Les années 1960 étaient des années merveilleuses. On a eu notre première voiture en 1965, une Fiat. On a découvert Mondoubleau, Savigny-sur-Braye. » Et les études ? « Ce n’était pas mon fort, j’ai eu mon certificat d’études à Saint-Joseph, mais j’étais distrait ! Les chiffres ne me passionnaient pas… » Un de ses souvenirs de jeunesse ? « Quand j’avais 15-16 ans, les clientes disaient de moi : « Oh, le beau jeune homme ! » Et quand je revenais de l’école, l’épicerie sentait la soupe de pois cassés… ».
Des regrets ? Il y en a plusieurs… « Des produits ont disparu. La dinde aux marrons, par exemple, ne se fait presque plus pour Noël. Dans les années 1970, on vendait une centaine de boîtes de marrons, ça partait comme des petits pains ! Aujourd’hui, c’est tout juste une… La tradition se perd un peu, c’est autre chose », confie-t-il. De même, l’épicier dispose de peu de temps libre. « Je manque de soleil, c’est sûr, j’ai peu de loisirs », sourit-il. Je connais mal Paris, par exemple. »
En cuisine !
Andrès Bernat passe ses journées au milieu de centaines de produits espagnols : turron d’Alicante, calamars pour l’apéritif, rousquilles de Catalogne, etc. Cuisine-t-il « espagnol » ? La réponse fuse : « Oui, bien sûr (mais aussi « français »). Ma tante, qui a 95 ans aujourd’hui, fait une paella toute simple le vendredi. Elle ajoute une boîte de tapas à la fin, nous sommes plus poisson que viande… » Autre recette fétiche : la soupe majorquine : il faut couper des tranches fines de pain sec, qu’on fait revenir dans une poêle avec un peu d’huile d’olive. Au préalable, on fait revenir un oignon et un peu d’ail dans de d’huile d’olive. À part, on prépare un bouillon avec plein de légumes – chou, poivron, tomates – et de l’huile d’olive. Une fois les légumes cuits, on les enlève du bouillon et on les remplace par les tranches de pain, jusqu’à totale absorption. On ajoute à nouveau les légumes et on sert. Autre spécialité chère à son cœur : la soubresade, une saucisse piquante à base de porc, originaire de Majorque. L’épicerie en propose à ses clients, c’est « unique en Loir-et-Cher ! ». Comment ça se mange ? « On l’étale sur du pain froid ou on la fait réchauffer. On peut faire cuire ensuite des œufs au plat dessus. »
Avec l’automne qui approche, l’épicier adapte ses étals avec des produits de saison.
« En novembre, depuis une trentaine d’années, j’organise une dégustation de beaujolais nouveau. Puis, je reçois d’Italie du panettone, servi traditionnellement pour Noël. »
Sans oublier le légendaire emmenthal de Savoie, vendu en meules de 75 kilos et coupé au fil d’inox, disponible toute l’année. Les habitués le savent, Andrès le vend aussi fraîchement râpé (par ses soins). « On rend un tas de services ici : on remonte le moral, on a toujours aidé les gens de façon désintéressée. Il ne faut jamais être timoré ni grognon, c’est ce que l’on m’a appris. » Mission accomplie, dans la bonne humeur.
Téléchargez le dépliant « Aux produits d’Espagne, de France et du Monde »













pourriez-vous me faire parvenir un tarif sur les produits des baléares.
merci
noury francoise
Vous pouvez télécharger le « catalogue conseil » d’Andrès Bernat à la fin de l’article.
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