L’essentiel
- Le château du Moulin, à Lassay-sur-Croisne, a rouvert au public au printemps 2026, après plusieurs années de fermeture.
- Ouverture : les 1er et 3e week-ends d’avril, mai, juin et septembre, de 14 h à 18 h ; puis tous les jours du 11 juillet au 16 août, de 13 h 30 à 19 h 30.
- Tarifs : 10 € adulte, 6 € de 7 à 18 ans et tarif réduit, gratuit pour les moins de 7 ans, 8 € par personne en groupe.
- Visite libre, environ une heure, parking gratuit. Groupes jusqu’à 19 personnes sur réservation par courriel.
Il y a des monuments dont on n’apprend la fermeture qu’au moment où ils rouvrent. Le château du Moulin est de ceux-là. Depuis le printemps 2026, ce petit château de brique posé au milieu de ses douves, à dix minutes de Romorantin-Lanthenay, accueille de nouveau les visiteurs — après ce que son site officiel appelle sobrement « plusieurs années de silence ».
C’est une bonne nouvelle pour qui cherche une sortie de week-end en Sologne qui ne ressemble pas aux autres.
Un château de poche au cœur des étangs
On y accède par un sentier piéton, à l’ombre. Puis le bâtiment apparaît d’un coup : une masse rose et sombre, brique et ardoise, à peine deux cent cinquante mètres carrés au sol, cerné d’eau, au milieu d’un parc d’une quarantaine d’hectares.
L’échelle est ce qui frappe en premier. On est à quelques dizaines de kilomètres de Chambord et de Cheverny, et l’on visite ici quelque chose qui tiendrait dans une aile de leurs communs. Le château du Moulin ne joue pas dans la même catégorie, et c’est précisément ce qui le rend intéressant : on en fait le tour, on comprend comment il est fait, et l’on n’a pas besoin d’une demi-journée pour cela. Comptez une heure.
Autour, la Sologne des étangs fait le reste du travail. Le silence y est réel — celui que l’on n’entend plus beaucoup ailleurs dans le Val de Loire touristique.
Six siècles, et une tour sur quatre
Le château est construit entre 1480 et 1502 pour Philippe du Moulin, un homme qui doit sa fortune à un fait d’armes précis : en 1495, à la bataille de Fornoue, pendant les guerres d’Italie, il sauve la vie du roi Charles VIII. L’architecte, Jacques de Persigny, lui dessine un carré presque parfait, des pierres sculptées et une silhouette élancée qui doit beaucoup à ce que la cour de France rapporte alors d’Italie.
Sur le papier, c’est une place forte : douves, tours d’angle, logis pour une garnison. Dans les faits, c’est surtout une démonstration. On construit ici pour montrer qu’on en a les moyens, à une époque où l’architecture militaire devient un vocabulaire décoratif.
Des quatre tours d’angle, une seule subsiste. Les trois autres ont disparu, ce qui donne au château sa silhouette déséquilibrée d’aujourd’hui — et laisse voir le logis principal et sa chapelle, qu’un ensemble complet masquerait.
Le monument doit sa survie à la famille de Marchéville, industriels du sel, qui l’achètent en 1901 alors qu’il est en mauvais état et entreprennent de le restaurer dans son aspect d’origine. Détail qui compte pour le visiteur : la famille l’a meublé avec des pièces d’époque plutôt qu’avec des copies. Le château se visite donc habité, ce qui est rare à cette échelle.
Un décor de cinéma
La configuration — un château isolé, une eau immobile, aucun bâtiment moderne dans le champ — en a fait un terrain de tournage. C’est ici qu’a été filmé le feuilleton Thierry la Fronde dans les années 1960, ce qui suffit à déclencher un souvenir précis chez une partie des visiteurs. Plus récemment, le téléfilm Le Roi, l’écureuil et la couleuvre, de Laurent Heynemann, y a planté une partie de son décor.
Et le conservatoire de la fraise ?
C’était, pendant une quinzaine d’années, la seconde raison de venir : un conservatoire de la fraise installé dans les dépendances, avec un petit musée et un potager consacré à une collection d’une quarantaine de variétés de fraisiers.
Il n’apparaît plus sur le nouveau site du château. Difficile de dire à ce stade s’il a disparu avec la fermeture ou s’il n’a simplement pas encore été remis en avant. Si le potager est la raison de votre venue, un appel préalable s’impose.
Infos pratiques
Château du Moulin — 41230 Lassay-sur-Croisne, à environ 10 minutes de Romorantin-Lanthenay.
- Avril, mai, juin et septembre : 1er et 3e week-ends du mois, samedi et dimanche, 14 h – 18 h
- Du 11 juillet au 16 août : tous les jours, 13 h 30 – 19 h 30
- Tarifs : 10 € adulte · 6 € de 7 à 18 ans, étudiants, demandeurs d’emploi, personnes en situation de handicap · gratuit pour les moins de 7 ans · 8 € par personne pour les groupes de 12 personnes et plus
- Visite libre, sans réservation pour les individuels. Groupes jusqu’à 19 personnes sur réservation par courriel.
- Durée moyenne : 1 heure. Parking gratuit. Animaux tenus en laisse acceptés à l’extérieur uniquement.
- Téléphone : 06 40 81 20 99 — contact@chateaudumoulin.fr — chateaudumoulin.fr
Horaires et tarifs relevés en août 2026. Vérifiez avant de vous déplacer : le château sort d’une longue fermeture et son calendrier est susceptible d’évoluer.
Sources
- Château du Moulin — Préparer sa visite (site officiel, consulté le 28 août 2026)
- Château du Moulin — accueil (mention de la réouverture printemps 2026)
- Sud Val de Loire Tourisme et JDS — visite du château du Moulin
- Éléments historiques : contenu antérieur du site, réécrit et vérifié
