L’essentiel
- La 29ᵉ édition des Rendez-vous de l’histoire se tient à Blois du mercredi 7 au dimanche 11 octobre 2026, sur le thème « Les Marchands ».
- L’entrée est gratuite, sauf pour certaines séances au cinéma Les Lobis. La réservation est recommandée mais non obligatoire.
- L’organisateur annonce plus de 600 débats et conférences, 1 000 intervenants, 150 éditeurs et 300 auteurs en dédicace.
- Le festival est organisé par une association, le Centre européen de promotion de l’histoire, dont le budget est « essentiellement couvert par des subventions publiques » selon son président — sans qu’aucun montant ne soit publié.
- Quatre chiffres de fréquentation différents circulent, tous d’origine interne : 30 000, 45 000, 50 000, 56 000. Aucun comptage indépendant n’existe.
- À quarante kilomètres de là, les Nuits de Sologne, association entièrement bénévole, se sont éteintes en 2025 après vingt éditions, en publiant une série de fréquentation détaillée. Deux modèles très différents.
D’abord, les informations utiles
Dates : du mercredi 7 au dimanche 11 octobre 2026.
Thème : « Les Marchands ».
Lieu : Blois, principalement la Halle aux Grains, le château, le cinéma Les Lobis et la place de la République.
Tarif : gratuit, hors certaines séances du cycle cinéma.
Réservation : recommandée, gratuite, sur reservation.rdv-histoire.com. Les modalités précises — délai de libération des places non occupées, part de la jauge laissée aux entrées sans réservation — figurent sur le site de l’organisateur, mais dans une version qui n’a pas encore été mise à jour pour 2026 : mieux vaut les lui demander.
Contact : Centre européen de promotion de l’histoire, 4 ter rue Robert Houdin, 41000 Blois, 02 54 56 09 50.
Une réserve importante : au moment où nous écrivons, la foire aux questions du site officiel affiche encore le calendrier de l’édition 2025. Les horaires du salon du livre et les dates d’ouverture des réservations qui y figurent ne sont pas ceux de 2026. Nous conseillons de s’en tenir à la page d’accueil et de vérifier auprès de l’organisateur.
Un festival qu’on ne peut pas chiffrer
Le festival a été créé en 1998 à l’initiative de Jack Lang, alors maire de Blois, sur une proposition de Francis Chevrier. Il est porté par le Centre européen de promotion de l’histoire, association loi 1901 immatriculée en juin 1998, présidée par Éric Alary, dont le conseil scientifique est présidé par Jean-Noël Jeanneney depuis 2003. L’équipe compte neuf salariés et des dizaines de bénévoles.
Interrogé en juin 2025, le président indiquait que le budget de l’association est « essentiellement couvert par des subventions publiques », tout en relevant que « les finances publiques sont soumises à de fortes tensions ».
Aucun montant n’est publié. Ni le budget global, ni la ventilation entre financements publics et privés, ni le détail des subventions ne figurent sur le site du festival.
La liste des financeurs, elle, est publique : Ville de Blois, Agglopolys, Département de Loir-et-Cher, État, ministère de la Culture, Centre national du livre, Région Centre-Val de Loire, chambre de commerce et d’industrie, Château de Chambord, Institut national de l’audiovisuel, Institut français. S’y ajoutent des mécènes privés, dont plusieurs banques, mutuelles et assurances.
Nous avons cherché les délibérations correspondantes. Le seul acte que nous ayons trouvé concernant la Ville de Blois est une décision du maire de septembre 2024, portée au procès-verbal du conseil municipal du 18 novembre 2024, accordant « à titre gracieux » la mise à disposition des structures du parvis de la Halle aux Grains pendant une semaine. C’est une aide en nature, pas une subvention en numéraire. Le vote de cette dernière, s’il existe, se trouve dans un autre document que nous n’avons pas encore identifié.
Le budget 2026 de l’association et sa ventilation ne sont pas publiés. Ses comptes annuels 2024 ont été déposés en juin 2025 ; nous en rendrons compte lorsque nous aurons pu les consulter.
Précisons ce que nous ne disons pas. Il n’y a aucune irrégularité à financer publiquement un festival gratuit : c’est même l’usage, et c’est ce qui permet la gratuité. La question n’est pas la légitimité de ces financements, elle est leur visibilité. Un festival gratuit est payé par quelqu’un. Le lecteur qui paie a le droit de savoir combien.
Le chiffre de fréquentation ne tient pas
Sur son site, le festival annonce 50 000 personnes. Dans un entretien de juin 2025, son président évoque 56 000 entrées pour l’édition précédente. Une notice encyclopédique donne 45 000 festivaliers en moyenne. Une offre d’emploi publiée par le festival lui-même mentionne « plus de 30 000 ».
Quatre chiffres, tous d’origine interne, dans un rapport de un à près de deux.
L’explication tient sans doute à la nature de l’événement : un festival gratuit, réparti sur une dizaine de lieux, où l’on compte des passages en salle et non des visiteurs uniques. Une même personne qui assiste à quatre conférences produit quatre entrées. « Entrées » et « personnes » ne sont pas synonymes, et les deux mots sont employés indifféremment.
Il n’existe aucun comptage audité et public. Pour un événement de cette taille, financé par de l’argent public, c’est une lacune.
Le contrepoint solognot
À quarante kilomètres de Blois, une autre histoire s’est terminée l’an dernier.
Les Nuits de Sologne, spectacle pyrotechnique du Parc équestre fédéral de Lamotte-Beuvron, ont donné leur vingtième et dernière édition le samedi 6 septembre 2025, sur le thème des Années folles. L’association avait été créée en janvier 2003 par Danielle André, Frédéric André et Gérard Monchaux. Elle reposait sur plus de 350 bénévoles et un bureau de quinze personnes réuni tous les quinze jours toute l’année.
Le contraste est saisissant sur un point précis : cette association bénévole publie une série chiffrée cohérente et vérifiable. 260 000 spectateurs sur dix-neuf éditions — le chiffre de la vingtième et dernière n’a pas été publié ; 6 500 à la première en 2003 ; plus de 18 000 en 2024 ; un public venu de plus de soixante-douze départements.
Elle s’est arrêtée « après des années de difficultés ». Nous n’avons pas pu établir le détail de ces difficultés — coûts pyrotechniques, assurances, essoufflement du bénévolat, météo — et nous ne le supposerons pas. L’association n’a pas détaillé publiquement ses raisons : en l’absence de cette précision, sa propre formule est la seule que nous reprenions.
Deux précisions, parce que les rumeurs ont déjà circulé deux fois. Il n’y a pas de retour des Nuits de Sologne. Un nouveau festival culturel se monte à Lamotte-Beuvron : c’est un événement distinct, et ses organisateurs le disent eux-mêmes.
→ À lire : Les grands rendez-vous annuels du Loir-et-Cher, notre calendrier pratique.
Ce que les deux histoires disent ensemble
D’un côté, un festival subventionné qui ne publie ni son budget ni un chiffre de fréquentation stable. De l’autre, une association bénévole qui publiait les deux et qui a fermé.
Il n’y a pas de morale à en tirer, et surtout pas celle qui consisterait à opposer les deux. Les Rendez-vous de l’histoire sont une réussite reconnue bien au-delà du département, et leur gratuité est un choix qui a du sens. Les Nuits de Sologne relevaient d’un tout autre modèle.
Mais le rapprochement pose une question qui vaut pour tous les grands événements du département : personne ne mesure ce qu’ils rapportent au territoire. Nous n’avons trouvé aucune étude de retombées économiques portant sur un festival du Loir-et-Cher. On subventionne, et on ne mesure pas. C’est vrai partout en France ; ça n’en fait pas une bonne pratique.
Sources
- Les Rendez-vous de l’histoire — le thème 2026 et page d’accueil, consultées le 31 août 2026
- Les Rendez-vous de l’histoire — foire aux questions et partenaires
- Pappers — fiche du Centre européen de promotion de l’histoire, SIREN 419 248 646
- Ville de Blois — procès-verbal du conseil municipal du 18 novembre 2024
- L’épicentre — entretien avec Éric Alary, 20 juin 2025
- Nuits de Sologne — site officiel et page de l’association
- France 3 Centre-Val de Loire — « Fin des Nuits de Sologne »
- ICI — un nouveau festival culturel à Lamotte-Beuvron
