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Fin du cuivre : dix communes du Loir-et-Cher débranchées le 31 janvier 2027

Par 8 min de lecture
Torsade de fils de cuivre dénudés et fibre optique côte à côte sur un établi

L’essentiel

  • La préfecture annonce dix communes du Loir-et-Cher coupées le 31 janvier 2027 et n’en nomme que neuf : Candé-sur-Beuvron, Chailles, La Chaussée-Saint-Victor, Menars, Saint-Denis-sur-Loire, Saint-Gervais-la-Forêt, Billy, Châtillon-sur-Cher et Selles-sur-Cher. Nous cherchons la dixième.
  • Deux autres communes, Les Montils et Gièvres, figuraient dans une liste de décembre 2025 et plus dans celle de mai 2026. Ce retrait n’est expliqué nulle part, et leurs habitants ont besoin de savoir à quoi s’en tenir.
  • Le reste du département suivra plus tard : la grande majorité des communes relève de 2028 ou 2029, et le programme national s’achève en 2030.
  • Après la coupure, plus de téléphone fixe, plus d’internet, plus de télévision sur ces lignes. Pas de dégradation progressive.
  • Le département est raccordable à la fibre à 98,09 % — 221 001 locaux sur 225 312 fin 2025.
  • Le vrai risque n’est plus le réseau, c’est ce qui y est branché : téléalarmes de personnes âgées, boutons d’urgence d’ascenseurs, alarmes, terminaux de paiement, télésurveillance, portails électriques. Ils ne migrent pas tout seuls.
  • La 2G, solution de repli habituelle de ces équipements, s’éteint encore plus tôt, courant 2026.
  • Une aide de l’État de 400 à 1 200 € existe pour les raccordements qui échouent. Dépôt jusqu’au 31 janvier 2027.

Il y a une ironie dans ce dossier. Le Loir-et-Cher est l’un des départements les mieux fibrés de France : 98,09 % de ses locaux sont raccordables, soit 221 001 sur 225 312 à la fin 2025. La région Centre-Val de Loire est même la première région métropolitaine pour l’éligibilité à la fibre.

C’est précisément ce qui rend la coupure implacable. Il n’y aura pas d’argument technique à faire valoir : la fibre est là.

Les dix communes concernées, et les autres

Selon un communiqué de la préfecture de Loir-et-Cher du 22 mai 2026, dix communes du département sont coupées le 31 janvier 2027.

En zone couverte par Orange : Candé-sur-Beuvron, Chailles, La Chaussée-Saint-Victor, Menars, Saint-Denis-sur-Loire, Saint-Gervais-la-Forêt.

En zone couverte par le réseau public Val de Loire Fibre : Billy, Châtillon-sur-Cher, Selles-sur-Cher.

Deux réserves à connaître. D’abord, la liste préfectorale annonce dix communes mais n’en nomme que neuf, et l’écart n’est expliqué nulle part : nous cherchons toujours la dixième. Ensuite, une publication de décembre 2025 annonçait onze communes pour le département, en y ajoutant Les Montils et Gièvres, qui ne figurent plus dans le communiqué de mai 2026. Nous n’avons trouvé aucune explication publiée de ce retrait, ni du côté d’Orange ni de celui de Val de Loire Fibre : un habitant de ces deux communes reste sans réponse claire.

Pour tout le reste du département, ce n’est pas 2027. L’essentiel des communes du 41 relève du lot suivant, en 2028, ou de celui d’après, en 2029. Le programme national s’achève en novembre 2030. Publier la date de 2027 comme si elle valait partout serait une erreur, et une inquiétude inutile.

Ce qui a déjà changé, et ce qui va changer

Deux étapes, souvent confondues.

La première a eu lieu le 31 janvier 2026 : la fin de la commercialisation. Depuis cette date, aucun opérateur ne peut plus vendre d’abonnement cuivre sur ces communes. Un habitant qui voudrait souscrire à l’ADSL ne le peut plus, même s’il le souhaitait.

La seconde aura lieu le 31 janvier 2027 : la fermeture technique. La ligne cesse de fonctionner ce soir-là ; au matin du 1er février, elle est muette.

Ce sont bien deux étapes distinctes, à un an d’intervalle. Attention toutefois à une confusion voisine : la coupure de 2027 est datée tantôt du 31 janvier, tantôt du 1er février selon les documents. C’est le même moment. Plus de téléphone fixe, plus d’internet, plus de télévision par ADSL. Il n’y a pas de période de dégradation progressive : ça marche, puis ça ne marche plus.

Un point rassurant : le numéro de téléphone fixe est conservable. Encore faut-il le demander au moment de souscrire l’offre fibre.

Le vrai sujet est ailleurs

Souscrire une offre fibre, la plupart des gens y arriveront. Le risque est dans les objets qu’on oublie, parce qu’ils sont branchés depuis quinze ans et qu’on ne les regarde plus : téléalarmes de personnes âgées, boutons d’urgence d’ascenseurs, alarmes reliées à un télésurveilleur, terminaux de paiement, portails automatiques, fax médicaux. Ils passent par la ligne téléphonique et ne migrent pas avec l’abonnement.

Le réflexe est contre-intuitif : ce n’est pas l’opérateur télécoms qu’il faut appeler, mais le fournisseur de l’appareil — organisme de téléassistance, télésurveilleur, ascensoriste, banque.

S’y ajoute un piège de calendrier : quand un de ces équipements quitte le cuivre, la solution de repli classique est une carte SIM 2G. Or la 2G s’éteint plus tôt encore que le cuivre — Orange à partir du 31 mars 2026, SFR à partir du 15 novembre 2026, Bouygues d’ici la fin de la même année. Un boîtier remplacé aujourd’hui par un modèle 2G sera donc hors service avant même la coupure du cuivre. Il faut exiger de la 4G.

Nous avons consacré à ce volet une page dédiée, avec la liste complète des appareils concernés, l’obligation réglementaire qui pèse sur les ascenseurs depuis le décret du 4 mars 2026, et les six organismes de téléassistance recensés dans le département : Fin du cuivre : les appareils qui vont s’arrêter, et ce qu’il faut faire.

Dans un département qui compte plus de vingt-six mille habitants de 80 ans ou plus, ce n’est pas un détail technique.

Raccordable ne veut pas dire raccordé

C’est l’angle mort du dossier. 98 % de locaux raccordables ne signifie pas 98 % d’abonnés.

Le réseau public a franchi le cap des 200 000 abonnés le 28 novembre 2025, pour plus de 340 000 prises déployées. Les deux chiffres ne portent pas exactement sur le même périmètre, mais l’ordre de grandeur situe le taux d’abonnement autour de 58 % sur ce réseau — un calcul que nous faisons ici et que personne ne publie tel quel.

Une autre nuance compte : être raccordable ne veut pas dire raccordable chez son opérateur. La couverture commerciale diffère de l’un à l’autre, et cela se vérifie adresse par adresse, pas commune par commune.

Enfin, l’Arcep a mesuré en septembre 2025 que 28 % des abonnés ADSL ignoraient que la fermeture était programmée. Près d’un sur trois, donc, un peu plus d’un an avant la coupure du premier lot.

L’aide pour les raccordements qui coincent

Tous les raccordements ne se passent pas bien : fourreau écrasé, longue distance en domaine privé, terrain difficile. L’État a mis en place une aide aux travaux en domaine privé.

Montants : 400, 800 ou 1 200 €, selon la lourdeur du chantier.

Conditions pour un particulier : une attestation d’échec de raccordement délivrée par l’opérateur, une maison individuelle, une résidence principale, un plafond de ressources, et ne pas avoir déjà bénéficié de l’aide. Les très petites entreprises y ont aussi droit, sous conditions de chiffre d’affaires et d’effectif.

Calendrier : dépôt jusqu’au 31 janvier 2027, paiement des entreprises jusqu’au 30 juin 2027. L’aide est déduite de la facture par l’artisan, qui se fait rembourser ensuite.

Assistance téléphonique : 0 806 806 930, appel gratuit, du lundi au jeudi de 9 h à 12 h.

Comment vérifier sa propre situation

Trois outils, et un seul est vraiment utile pour la date : la carte des fermetures de Val de Loire Fibre, qui indique commune par commune l’échéance applicable. La carte de l’Arcep, cartefibre.arcep.fr, et le test d’éligibilité de Val de Loire Numérique renseignent sur le raccordement.

Le bon ordre des choses : vérifier sa date, souscrire une offre fibre auprès de l’opérateur de son choix, puis faire le tour de ses équipements branchés sur la ligne.

Sources

Signé

Journaliste

Journaliste spécialisé dans l’actualité locale, je suis depuis plusieurs années la vie économique, sociale et culturelle du Loir-et-Cher. Je m’intéresse particulièrement aux transformations du territoire, à l’emploi et aux initiatives qui façonnent le quotidien de ses habitants. Pour Loir&cher lemag, je privilégie une information factuelle, documentée et ancrée dans les réalités du terrain.

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