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Fin du cuivre : les appareils qui vont s’arrêter, et ce qu’il faut faire

Par 9 min de lecture
Téléphone fixe à fil posé sur un guéridon, cordon débranché et prise murale vide

L’essentiel

  • Le 31 janvier 2027 au soir, le réseau cuivre est coupé dans les communes du premier lot départemental : la préfecture en annonce dix et en nomme neuf. 62 autres suivent fin 2028.
  • Ce n’est pas seulement internet et le téléphone : la téléassistance, les alarmes, les téléphones d’ascenseur, les terminaux de paiement et les portails automatiques branchés sur la ligne s’arrêtent aussi.
  • Le réflexe utile n’est pas d’appeler son opérateur, mais le fournisseur de l’appareil — organisme de téléassistance, télésurveilleur, ascensoriste, banque.
  • Piège à connaître : le réseau 2G ferme lui aussi, à partir de mars 2026. Un boîtier remplacé aujourd’hui par un modèle 2G sera obsolète avant même la coupure du cuivre. Exiger de la 4G.
  • L’aide au raccordement à la fibre se demande jusqu’au 31 janvier 2027 — soit la veille de la coupure.

Les communiqués parlent d’internet, du téléphone et de la télévision. C’est vrai, et c’est incomplet.

Sur une ligne de cuivre, il n’y a pas que des conversations. Il y a aussi, chez des milliers de foyers, un boîtier qui attend qu’on appuie sur un bouton. Une alarme qui compose un numéro toute seule. Un téléphone au fond d’une cabine d’ascenseur. Un terminal de paiement dans un commerce. Tous fonctionnent parce que la ligne leur fournit à la fois un chemin et un peu de courant. La fibre ne fournit ni l’un ni l’autre de la même façon.

Les communes concernées, et quand

Coupure le 31 janvier 2027 au soir, ligne muette au matin du 1er février — environ 9 000 foyers. Le communiqué de la préfecture du 22 mai 2026 annonce dix communes et n’en nomme que neuf ; voici les neuf :

Candé-sur-Beuvron · Chailles · La Chaussée-Saint-Victor · Menars · Saint-Denis-sur-Loire · Saint-Gervais-la-Forêt · Billy · Châtillon-sur-Cher · Selles-sur-Cher

Fin 2028 — 62 communes de plus, environ 37 000 foyers.

Pour vérifier une adresse précise, une carte officielle par commune est publiée par Val de Loire Numérique, et le syndicat répond au 02 54 58 44 39.

Ce qui s’arrête

La téléassistance des personnes âgées. C’est le cas le plus sensible, et le moins simple. Le gouvernement lui-même reconnaît trois situations différentes : certains boîtiers dépendent du cuivre, d’autres passent déjà par le réseau mobile, d’autres encore sont compatibles avec la téléphonie par internet. Impossible de savoir lequel on a sans le demander.

Les alarmes reliées à un télésurveilleur. Une alarme analogique conservée derrière une box doit être branchée sur un port téléphonique dédié, et rien d’autre ne doit partager ce port — faute de quoi la remontée d’intrusion ne part pas. Le numéro déclaré auprès du télésurveilleur doit aussi être à jour.

Les téléphones d’ascenseur. Voir plus bas : c’est le seul cas où une obligation réglementaire précise existe.

Les terminaux de paiement. Les modèles récents sont déjà en réseau ou en 4G. Le risque porte sur les terminaux anciens, restés sur la ligne analogique.

Les portails automatiques, digicodes et automatismes de parking qui appellent le résident par la ligne téléphonique.

Les fax, machines à affranchir, systèmes de télérelève et les téléphones fixes de plus de dix ans.

Le seul réflexe qui compte

Toutes les sources officielles disent la même chose, et c’est contre-intuitif : n’appelez pas votre opérateur téléphonique.

L’opérateur fournit le tuyau. Il ne sait pas quel appareil est branché au bout, ni s’il est compatible. La personne à joindre est celle qui vous a fourni l’appareil :

  • pour la téléassistance : l’organisme qui facture l’abonnement ;
  • pour l’alarme : le télésurveilleur ;
  • pour l’ascenseur : l’ascensoriste, via le syndic ;
  • pour le terminal de paiement : la banque ou le prestataire monétique.

Le piège du 2G

C’est le conseil le plus utile de cette page, et le moins diffusé.

Le réseau 2G ferme aussi, à partir de mars 2026 et jusqu’à fin 2026 chez le principal opérateur ; la 3G suit en 2028-2029. Un boîtier de téléassistance ou une téléalarme d’ascenseur remplacé aujourd’hui par un modèle GSM 2G sera hors service avant, ou juste après, la coupure du cuivre.

Quand on vous propose un remplacement, demandez explicitement de la 4G. Refusez le 2G, même moins cher.

L’ampleur du problème est connue : la Fédération des ascenseurs recense 650 000 ascenseurs en France, dont près de la moitié dont le système d’alerte fonctionne encore en 2G ou en 3G.

Les ascenseurs : une obligation, et un calendrier

C’est le seul équipement pour lequel le droit est précis.

Un ascenseur doit disposer d’une liaison bidirectionnelle permanente avec un service d’intervention — c’est-à-dire qu’on doit pouvoir parler à quelqu’un depuis la cabine, et que ce quelqu’un doit pouvoir répondre. L’obligation remonte à un arrêté du 18 novembre 2004.

Un décret du 4 mars 2026 y a ajouté un dispositif de rattrapage, précisément à cause de la fin du cuivre et de la 2G :

  • depuis le 1er avril 2026, l’entreprise d’entretien vérifie toutes les six semaines le bon fonctionnement des moyens d’alerte ;
  • si l’installation fonctionne encore sur le réseau téléphonique commuté, sur la 3G ou une génération antérieure, l’entreprise d’entretien doit alerter le propriétaire par lettre recommandée, et renouveler cette alerte tous les six mois jusqu’à la mise à niveau ;
  • depuis le 15 mai 2026, le contrôle technique quinquennal vérifie cette compatibilité.

Ce qu’un syndic doit faire : vérifier qu’il a bien reçu la lettre recommandée de l’ascensoriste, et si oui, inscrire les travaux à l’ordre du jour de l’assemblée générale. La dépense incombe au propriétaire, donc à la copropriété. Le prochain contrôle technique recalera une installation non conforme.

En Loir-et-Cher : à qui s’adresser pour la téléassistance

Le Département ne gère pas de service de téléassistance. Il n’existe pas de dispositif départemental unique avec un nom et un tarif. Le Conseil départemental publie une liste d’organismes et finance, sous conditions, par l’allocation personnalisée d’autonomie.

Liste officielle du Département, datée du 10 mars 2026 :

Organisme Téléphone
APEF Services 75 rue Poterie, Vendôme 02 54 77 14 14
Présence Verte 19 av. de Vendôme, Blois 02 54 44 87 26
Autonomis Saint-Dyé-sur-Loire 06 19 39 47 04
AXA Assistance 7 rue Anne de Bretagne, Blois 02 54 78 74 30
Prévifil 26 av. de Verdun, Blois 02 54 56 41 41
Unicea Service 9 route de Selles, Romorantin 02 54 76 89 15

Pour être orienté : Vivre Autonome 41, direction de l’Autonomie du Département — 02 54 58 43 79, du lundi au vendredi de 13 h 30 à 17 h.

Nous ne publions pas de tarifs : le document du Département n’en indique aucun, et les mentions commerciales du type « moins de 1 € par jour » ne sont pas des tarifs.

Une aide, mais pas pour ça

Un guichet d’aide au raccordement à la fibre existe : un forfait de 400, 800 ou 1 200 € selon la difficulté des travaux, pour les particuliers et les très petites entreprises.

Deux précisions importantes.

Elle ne couvre que les travaux de raccordement en domaine privé — le génie civil, le passage du câble, les accès difficiles. Elle ne paie pas le remplacement d’un boîtier de téléassistance, d’une alarme ou d’une téléalarme d’ascenseur.

Les demandes se déposent jusqu’au 31 janvier 2027, c’est-à-dire le jour même de la coupure. Qui s’y prend en février est hors délai.

Ce qui n’est pas réglé

Deux trous, et il faut les nommer.

Personne ne sait qui paie le remplacement d’un boîtier de téléassistance. Ni l’autorité de régulation des télécoms, ni l’administration, ni les réponses ministérielles publiées ne l’établissent. La question a pourtant été posée au gouvernement au Sénat en février 2026 : la réponse, publiée en mars, affirme que la fermeture n’intervient que si des solutions équivalentes existent — sans un chiffre, et sans un mot sur le financement.

Aucune commune n’est tenue de savoir qui, chez elle, dépend d’un tel boîtier. Le guide officiel destiné aux maires cite bien les usages sensibles, mais n’impose aucun recensement. En revanche, depuis douze mois avant la coupure, une commune peut demander à l’opérateur la liste des lignes cuivre encore actives sur son territoire. Pour les communes concernées, ce droit est ouvert depuis février 2026. C’est le seul outil qui permette d’aller au-devant des personnes isolées.

Numéros utiles

Val de Loire Numérique (calendrier, communes, éligibilité) — 02 54 58 44 39 — valdeloirenumerique.fr
Vivre Autonome 4102 54 58 43 79
Vérifier son adresse, tous réseaux confondus — maconnexioninternet.arcep.fr
Date de fermeture de sa commune — economie.gouv.fr, rubrique très haut débit

À lire : Fin du cuivre : dix communes du Loir-et-Cher débranchées le 31 janvier 2027.

À lire : Fibre optique en Loir-et-Cher : le déploiement est terminé, la fin du cuivre commence.

Sources

Signé

Journaliste

Journaliste spécialisé dans l’actualité locale, je suis depuis plusieurs années la vie économique, sociale et culturelle du Loir-et-Cher. Je m’intéresse particulièrement aux transformations du territoire, à l’emploi et aux initiatives qui façonnent le quotidien de ses habitants. Pour Loir&cher lemag, je privilégie une information factuelle, documentée et ancrée dans les réalités du terrain.

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