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Les collèges du Loir-et-Cher perdraient un élève sur sept d’ici 2029

Par 7 min de lecture
Salle de classe vide, chaises retournées sur les tables, lumière du matin

L’essentiel

  • Une projection de l’Observatoire de l’économie et des territoires, publiée en septembre 2022, chiffre à −13,7 % la baisse des effectifs des collèges publics du Loir-et-Cher entre les rentrées 2021 et 2029 : de 12 689 à environ 10 950 élèves, hors SEGPA.
  • Le département compte 26 collèges publics gérés par le Département, plus un géré par la Région que nous n’avons pas pu identifier, et dix collèges privés sous contrat.
  • Le dernier effectif publié est celui de la rentrée 2021 : environ 13 300 collégiens dans le public. Nous n’avons trouvé aucun chiffre plus récent.
  • Le Département indique consacrer plus de 35 millions d’euros par an à ses collèges et y employer près de 260 agents.
  • Le collège Louis-Pergaud de Neung-sur-Beuvron, reconstruit pour 13 à 13,5 millions d’euros selon les pages du Département, a été inauguré le 26 mars 2026. Capacité : 300 élèves.
  • La page officielle du Département listant ses collèges renvoie une erreur 404, alors qu’elle reste en tête des résultats des moteurs de recherche.

Un collège ne se construit pas pour dix ans. Il se construit pour quarante. C’est ce qui rend la question des effectifs si peu spectaculaire et si difficile : le moment où l’on décide n’est jamais celui où l’on mesure.

Le chiffre, et son périmètre exact

En septembre 2022, l’Observatoire de l’économie et des territoires de Loir-et-Cher a publié une étude consacrée aux collèges du département. Elle contient une projection.

Entre la rentrée 2021 et la rentrée 2029, les collèges publics du Loir-et-Cher perdraient 13,7 % de leurs effectifs, passant de 12 689 élèves à environ 10 950.

Trois précisions, car elles délimitent ce que le chiffre dit.

Il porte sur les collèges publics seulement, hors sections d’enseignement général et professionnel adapté — les SEGPA, qui accueillent les élèves en grande difficulté scolaire. Les dix collèges privés sous contrat ne sont pas dans ce périmètre. Écrire « les collégiens du Loir-et-Cher » sans préciser serait inexact.

C’est une projection, pas un comptage. La méthode consiste à appliquer aux effectifs présents les taux de passage d’un niveau à l’autre observés sur les trois années scolaires précédentes.

Elle date de 2022. Quatre rentrées ont eu lieu depuis. Nous ne savons pas si la trajectoire s’est confirmée.

Un élève sur sept en huit ans, ce n’est pas un effondrement. C’est une érosion, et c’est plus difficile à gérer qu’une chute : rapportée à une classe de vingt-cinq élèves, elle représente environ trois élèves de moins sur l’ensemble de la période — un ordre de grandeur que nous calculons ici, faute de projection publiée établissement par établissement.

Ce qu’on sait du parc

Le département compte 26 collèges publics gérés par le Conseil départemental. Un vingt-septième est géré par la Région Centre-Val de Loire. Il s’agit vraisemblablement d’une section de collège au sein d’une cité scolaire, mais nous n’avons pas pu l’identifier avec certitude et nous ne le nommerons donc pas.

À côté de ces 27 établissements publics, le département compte dix collèges privés sous contrat.

Le Département indique servir plus de 1,3 million de repas par an dans ces établissements, y consacrer un budget annuel de plus de 35 millions d’euros et y employer près de 260 agents.

Sur les effectifs, la donnée la plus récente que nous ayons trouvée remonte à la rentrée 2021 : environ 13 300 élèves dans le public, dont 590 en SEGPA. Cinq ans, c’est long dans un département dont les effectifs sont projetés à la baisse. Nous actualiserons cette page dès qu’un effectif officiel de la rentrée 2026 sera publié.

Une parenthèse, mais elle en dit long

En cherchant la liste officielle des collèges du département, nous sommes tombés sur une erreur 404. La page departement41.fr/fr/ses-missions/college-jeunesse/colleges/, qui reste la première réponse des moteurs de recherche sur cette requête, n’existe plus. Une seconde adresse, sur la nouvelle arborescence du site, renvoie la même erreur.

Il n’existe donc plus, à notre connaissance, de page publique listant les collèges du Loir-et-Cher sur le site du Département.

Ce n’est pas un scandale. C’est un effet secondaire ordinaire d’une refonte de site web, et cela se corrige en une redirection. Mais un parent qui cherche à quel collège son enfant est rattaché n’a pas d’autre point d’entrée évident, et cela fait plusieurs mois que la page manque.

Un collège neuf à Neung-sur-Beuvron, et ce qu’il faut en dire exactement

Le collège Louis-Pergaud de Neung-sur-Beuvron a été inauguré le 26 mars 2026. Le Département le présente comme le premier « collège du futur » de Loir-et-Cher.

Deux corrections s’imposent par rapport à ce qu’on lit souvent.

Ce n’est pas une construction neuve, mais une restructuration-reconstruction : 2 900 m² qui remplacent des préfabriqués en béton des années 1970-1980, plus une rénovation complète de la demi-pension. Les travaux ont couru d’avril 2022 à décembre 2025, avec des livraisons échelonnées en septembre 2024, septembre 2025, puis décembre 2025 pour les espaces extérieurs. Capacité : 300 élèves.

Le montant varie selon les pages du Département lui-même : 13,5 millions d’euros sur l’article d’actualité, 13 millions sur la page projet. Nous retenons « environ 13,5 millions », la valeur portée par l’article d’actualité du Département, en signalant l’écart plutôt qu’en le masquant. Le financement comprend 1,79 million d’euros de l’État et 1,77 million de fonds européens.

À lire : Blois compte 3 800 étudiants. La vraie question est de savoir combien restent.

La question que la projection pose

Investir dans un collège pendant que les effectifs baissent n’est pas contradictoire. Un bâtiment des années 1970 en préfabriqué doit être remplacé, qu’il accueille 300 élèves ou 250. Et une capacité d’accueil confortable n’est pas un gaspillage : c’est ce qui permet de ne pas entasser.

Mais la projection change la nature des arbitrages. Sur les huit rentrées de 2021 à 2029, environ mille sept cents élèves de moins — dont une part est déjà écoulée, que nous ne pouvons pas chiffrer faute de données publiées depuis 2021. Ce sont des divisions qui ferment, des postes qui se déplacent, et à terme la question de la carte des établissements dans les secteurs les moins peuplés. C’est aux collectivités concernées d’en débattre ; notre rôle est de dire que le chiffre existe.

Nous n’avons pas trouvé de document public du Département discutant cette perspective. C’est ce que nous cherchons maintenant.

Sources

Signé

Journaliste

Journaliste spécialisé dans l’actualité locale, je suis depuis plusieurs années la vie économique, sociale et culturelle du Loir-et-Cher. Je m’intéresse particulièrement aux transformations du territoire, à l’emploi et aux initiatives qui façonnent le quotidien de ses habitants. Pour Loir&cher lemag, je privilégie une information factuelle, documentée et ancrée dans les réalités du terrain.

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