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Après les Nuits de Sologne, Terre de feux attend toujours sa date

Par 6 min de lecture
Champ de fauchage vide en fin de journée, piquets de balisage et bâche pliée au sol

L’essentiel

  • Les Nuits de Sologne ont tiré leur vingtième et dernière édition le 6 septembre 2025, au Parc équestre fédéral de Lamotte-Beuvron. L’association a fermé.
  • Un successeur, Terre de feux, porté par l’association Lys de Feu, devait tenir sa première édition les 4 et 5 septembre 2026, au même endroit.
  • Cette première a été reportée, pour cause de sécheresse.
  • Au 31 août 2026, aucune nouvelle date n’est annoncée. Elle le sera « dans les prochaines semaines », selon l’association. Les billets déjà achetés restent valables, sans démarche à faire.
  • Le bassin du Beuvron, où se trouve Lamotte-Beuvron, est classé en crise — le niveau maximal — depuis le 14 août.

Deux tirs de septembre, à une année d’écart, et une place vide entre les deux.

Ce qui s’est terminé

Le 6 septembre 2025, les Nuits de Sologne ont tiré leur dernier feu. Vingtième édition, et dernière : l’association le dit sur son propre site, sans détour, et la page d’accueil ne dit plus rien d’autre qu’un remerciement.

Le festival se tenait au Parc équestre fédéral de Lamotte-Beuvron — pas à Romorantin, comme on l’entend souvent. Pendant vingt ans, il a été l’un des rares rendez-vous du département à attirer un public venu de loin.

L’arrêt a dû être confirmé deux fois. Des rumeurs de reprise ayant circulé après l’annonce, les organisateurs sont revenus publiquement dessus pour redire que l’événement ne reprendrait pas.

Ce qui devait commencer

En 2026, une nouvelle association, Lys de Feu, a annoncé Terre de feux : un festival pyrotechnique au même endroit, les 4 et 5 septembre. Le programme annoncé en juillet tenait en une ligne : quatre concerts, deux spectacles vivants, quatre spectacles pyrotechniques et un marché artisanal, avec environ 16 000 visiteurs attendus sur les deux jours.

Les organisateurs ont pris soin de dire que ce n’était pas un retour des Nuits de Sologne, mais autre chose, au même endroit.

Ce qui s’est passé

La première édition a été reportée, en raison de la sécheresse. C’est établi, et c’est à peu près tout ce qui l’est.

Le contexte, lui, est documenté avec précision. Un arrêté préfectoral du 13 août 2026 place le bassin du Beuvron en crise — le niveau le plus élevé de l’échelle, au-dessus de la vigilance, de l’alerte et de l’alerte renforcée — pour les eaux superficielles, les eaux souterraines et l’eau potable, avec effet au 14 août et sans date de fin. Ce n’est pas une nouveauté d’août : le Beuvron est classé en crise sans discontinuer depuis le début juillet.

Une précision s’impose, parce qu’elle circule à l’envers. Nous n’avons trouvé, pour le Loir-et-Cher, aucun arrêté préfectoral interdisant les spectacles pyrotechniques en 2026. Le département voisin du Loiret en a bien pris un pour le mois d’août — mais c’est un autre département. Et le 26 août, le risque de feu de forêt en Loir-et-Cher était affiché au niveau 2 sur 4, soit « modéré ». Le report tient donc à la situation de l’eau et, vraisemblablement, à une décision de prudence ; nous n’écrirons pas qu’il a été imposé par une interdiction, faute de l’avoir trouvée.

Les organisateurs ont fait savoir que la pérennité du festival n’était pas remise en cause.

Ce que dit l’organisateur

Mise à jour du 31 août 2026. L’association a publié un communiqué détaillé, qui répond à deux des trois questions ouvertes.

Le fondement du report est une décision de l’association, pas une interdiction administrative. Elle explique que le travail avec le prestataire pyrotechnique et la commission de sécurité avait été mené et les dispositifs renforcés, mais que l’état des sols et de la végétation aux abords du site et la forte sollicitation des services de secours pouvaient conduire à une interdiction de dernière minute par les autorités. Les pluies récentes ont été insuffisantes.

Elle ajoute ne pas pouvoir garantir qu’un comportement individuel aux abords du site — « un mégot ou la chaleur d’un pot d’échappement » — ne provoque un départ de feu, et ne pas vouloir mobiliser inutilement des secours déjà sollicités. Le festival devait accueillir jusqu’à 8 000 personnes par jour.

Les billets restent valables. Ceux achetés pour les 4 et 5 septembre valent pour les dates de report, et aucune démarche n’est nécessaire.

La nouvelle date n’est toujours pas arrêtée. L’association indique qu’elle le sera « dans les prochaines semaines », en concertation avec la Fédération française d’équitation, propriétaire du site, la mairie de Lamotte-Beuvron, et les prestataires et artistes.

Cet article sera mis à jour dès qu’elle sera connue.

Ce que perd un territoire

Un département perd un site touristique et le remarque à peine. Il perd un rendez-vous, et c’est autre chose : une date dans le calendrier de ceux qui vivent là, un week-end de septembre qui n’a plus de contenu, des hébergeurs et des restaurateurs qui comptaient dessus.

Vingt ans, c’est le temps qu’il faut pour qu’un événement devienne une habitude. C’est aussi le temps qu’il faut pour la reconstruire.

À lire : Les grands rendez-vous annuels en Loir-et-Cher et « Le voyage commence ici » : que sont devenus les lieux du film ?

Sources

Signé

Journaliste

Journaliste spécialisé dans l’actualité locale, je suis depuis plusieurs années la vie économique, sociale et culturelle du Loir-et-Cher. Je m’intéresse particulièrement aux transformations du territoire, à l’emploi et aux initiatives qui façonnent le quotidien de ses habitants. Pour Loir&cher lemag, je privilégie une information factuelle, documentée et ancrée dans les réalités du terrain.

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