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Du Loir au Cher : un circuit découverte d’une rivière à l’autre

Par 7 min de lecture
Rivière large sous un ciel chargé, berges boisées

L’essentiel

  • Un axe nord-ouest / sud-est d’environ 150 km, qui traverse le département en diagonale : du Perche vendômois à la vallée du Cher.
  • Sept étapes principales : Arville, Trôo, Lavardin, Montoire-sur-le-Loir, Vendôme, Cheverny, Mennetou-sur-Cher.
  • Deux vallées et deux rivières, qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre : le Loir (masculin, affluent de la Sarthe) au nord, le Cher au sud.
  • Faisable en deux jours sans courir, en une journée si l’on renonce à la moitié des arrêts.

Il y a deux façons de visiter le Loir-et-Cher. La première consiste à faire la tournée des grands châteaux : Chambord, Cheverny, Chaumont, et l’on rentre le soir avec les jambes lourdes et le sentiment d’avoir fait ce qu’il fallait. La seconde consiste à suivre une ligne.

Celle-ci va d’un bout à l’autre du département, de la commanderie templière d’Arville, tout au nord, jusqu’aux ruelles médiévales de Mennetou-sur-Cher, au sud-est. Entre les deux : deux vallées, des falaises de tuffeau creusées d’habitations, un donjon en ruine, une chapelle romane, des vignes et des fromages.

Le circuit n’est pas balisé. C’est un fil, pas un sentier.

Étape 1 — Arville, la commanderie templière

: Arville, commune déléguée de Couëtron-au-Perche, à la pointe nord du département.

C’est l’un des ensembles templiers les mieux conservés de France : église, grange dîmière, four à pain, porte fortifiée, le tout dans un paysage de Perche qui ne ressemble à aucun autre coin du Loir-et-Cher. On y est plus près du Mans que de Blois.

La visite a été refondue autour d’un parcours en sept salles thématiques, « d’Arville à Jérusalem », qui raconte l’ordre du Temple de sa fondation à sa dissolution.

Pratique : 1 allée de la Commanderie, Arville, 41170 Couëtron-au-Perche — 02 54 80 75 41 — commanderie-arville.com. Ouvert de février à octobre puis en décembre-janvier ; horaires 10 h – 17 h 30 en basse saison, 10 h – 18 h 30 d’avril à août. Adulte 9,50 €, 6-17 ans 6 €, gratuit avant 6 ans. Vérifiez les jours de fermeture avant de partir : ils varient selon les mois.

Étape 2 — Trôo, le village à étages

: Trôo, vallée du Loir, à une vingtaine de kilomètres au sud d’Arville.

Un coteau de tuffeau, et dedans, un village. Les maisons troglodytiques s’étagent sur plusieurs niveaux reliés par des escaliers et des sentiers appelés « cavées ». Au sommet, la butte féodale ; en bas, la collégiale Saint-Martin et le puits qui parle.

C’est l’une des étapes où il faut accepter de marcher, et de monter.

À lire : Trôo, le village qui vit dans la falaise et, dans le même village, les perles de verre de l’atelier Claramints.

Étape 3 — Lavardin, la forteresse et les fresques

: Lavardin, à 2 km de Montoire, sur le Loir.

Classé parmi Les Plus Beaux Villages de France, Lavardin tient sur trois éléments : un pont gothique qui franchit le Loir, une église romane, et au-dessus, les ruines d’une forteresse du XIe siècle.

Le château a résisté à Richard Cœur de Lion avant de tomber devant les troupes d’Henri IV. Il en reste le châtelet, le pont-levis, la salle des gardes, et un donjon dont la hauteur avoisine encore 26 mètres.

L’église Saint-Genest, du XIe siècle, conserve des peintures murales des XIIe et XVIe siècles — un baptême du Christ et une Passion.

Étape 4 — Montoire-sur-le-Loir, la chapelle de Ronsard

: Montoire-sur-le-Loir, à 2 km de Lavardin.

La chapelle Saint-Gilles, classée monument historique, est un petit édifice roman du XIe siècle dont l’abside conserve des peintures murales du début du XIIe siècle. Elles font partie de l’ensemble de fresques qui jalonne la vallée du Loir.

Le détail qui change la visite : Pierre de Ronsard en fut le prieur de 1566 jusqu’à sa mort, en 1585. Le poète percevait les revenus du prieuré ; rien ne dit qu’il y venait souvent, mais le lieu porte son nom depuis.

Pratique : rue Saint-Gilles, 41800 Montoire-sur-le-Loir — 02 54 85 28 95. Horaires et tarifs à confirmer avant le déplacement.

À lire : Ronsard en Loir-et-Cher, sur les traces du poète.

Étape 5 — Vendôme, l’étape urbaine

: Vendôme, à 20 km à l’est de Montoire.

C’est la ville où l’on s’arrête pour déjeuner, et où l’on reste plus longtemps que prévu. Le Loir s’y divise en plusieurs bras qui traversent le centre ; l’abbatiale de la Trinité et sa façade gothique flamboyant dominent la place.

De là, la route quitte la vallée du Loir et bascule vers le sud, en direction de la Loire et de Blois.

Étape 6 — Cheverny et le pays du romorantin

: Cheverny et Cour-Cheverny, au sud de Blois.

Passé la Loire, le paysage change : la forêt s’installe, on entre en Sologne. Cheverny est connu pour son château ; Cour-Cheverny l’est beaucoup moins pour son vin, et c’est dommage.

L’appellation Cour-Cheverny est la seule au monde à être produite à partir d’un cépage unique, le romorantin, qui ne pousse nulle part ailleurs.

À lire : Cour-Cheverny et le romorantin, un cépage qui n’existe qu’ici et Comprendre la Sologne.

Étape 7 — Selles-sur-Cher et Mennetou-sur-Cher

: la vallée du Cher, au sud-est du département.

Le circuit s’achève là où commence une autre géographie. Selles-sur-Cher donne son nom à un fromage de chèvre AOP à la croûte cendrée, produit sur un terroir à cheval sur trois départements. Quelques kilomètres plus loin, Mennetou-sur-Cher conserve trois portes, trois tours et des maisons à pans de bois du XVe siècle — une cité médiévale qui n’a pas été reconstituée, simplement conservée, et qui est encore habitée.

À lire : Le selles-sur-cher, un fromage AOP et Mennetou-sur-Cher, une cité médiévale encore habitée.

Comment s’organiser

En deux jours. Nuit à Vendôme ou à Montoire, qui coupent l’itinéraire à peu près en son milieu. Le premier jour couvre le Perche et la vallée du Loir, le second la Sologne et le Cher.

En une journée. Il faut choisir. Soit la vallée du Loir (Arville, Trôo, Lavardin, Montoire), soit le sud (Cheverny, Selles, Mennetou). Les deux dans la même journée, c’est trois heures de route et des visites expédiées.

Sans voiture. La ligne ferroviaire Paris–Vendôme–Tours dessert Vendôme (gare TGV Vendôme–Villiers-sur-Loir) et Montoire est accessible depuis Vendôme. Le sud du département se rejoint par la ligne Tours–Vierzon, qui s’arrête à Saint-Aignan-Noyers et à Mennetou-sur-Cher. Entre les deux, il faut composer.

À lire : Se déplacer en Loir-et-Cher.

Quand y aller

Avril à juin et septembre-octobre : les sites sont ouverts, la lumière est bonne sur le tuffeau, et il n’y a personne.

Juillet-août : tout est ouvert, y compris ce qui ne l’est pas le reste de l’année, mais Cheverny et la vallée de la Loire sont fréquentés.

Novembre à mars : la moitié des sites ferment. À réserver aux villages, qui se visitent librement toute l’année.

Sources

Signé

Journaliste

Journaliste spécialisé dans l’actualité locale, je suis depuis plusieurs années la vie économique, sociale et culturelle du Loir-et-Cher. Je m’intéresse particulièrement aux transformations du territoire, à l’emploi et aux initiatives qui façonnent le quotidien de ses habitants. Pour Loir&cher lemag, je privilégie une information factuelle, documentée et ancrée dans les réalités du terrain.

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