L’essentiel
- L’appellation cour-cheverny est reconnue AOC en 1993, après avoir été classée AOVDQS Cheverny en 1973.
- Elle est produite à partir d’un seul cépage, le romorantin, qui n’est cultivé nulle part ailleurs dans le monde.
- Onze communes du Loir-et-Cher, environ 50 à 60 hectares, pour 2 300 à 2 800 hectolitres par an.
- Uniquement des vins blancs, secs ou moelleux, réputés pour leur capacité de garde — dix ans, parfois beaucoup plus.
Il existe en Loir-et-Cher une appellation qui tient sur une seule variété de raisin, et cette variété ne pousse nulle part ailleurs. Pas « principalement » ici : uniquement ici.
Un cépage sans double
Le romorantin est le seul cépage autorisé en cour-cheverny. Ses grappes sont cylindriques et ailées, ses grains de taille petite à moyenne. C’est une variété exigeante : la production est irrégulière d’une année sur l’autre, et elle est sensible à la pourriture grise.
Ces défauts expliquent probablement pourquoi elle n’a pas essaimé. Un cépage capricieux ne s’exporte pas — il reste là où on a appris à le conduire.
La tradition attribue son introduction à François Ier, en 1519, qui aurait fait venir des plants pour le domaine royal. L’histoire est belle et solidement installée dans la mémoire locale ; il est prudent de la présenter pour ce qu’elle est, une tradition, plutôt que comme un fait établi.
L’appellation
Reconnue AOC en 1993, l’appellation avait d’abord été classée AOVDQS Cheverny en 1973 — vingt ans de reconnaissance progressive.
Elle couvre onze communes du Loir-et-Cher, au sud-est de Blois, à la lisière de la Sologne : Cellettes, Cheverny, Chitenay, Cormeray, Cour-Cheverny, Huisseau-sur-Cosson, Montlivault, Mont-près-Chambord, Saint-Claude-de-Diray, Tour-en-Sologne et Vineuil.
Les sols sont argilo-calcaires. La surface plantée oscille entre 50 et 60 hectares, pour une production annuelle de 2 300 à 2 800 hectolitres. Le rendement de base est fixé à 60 hectolitres par hectare, avec un plafond à 72.
Pour donner une idée de l’échelle : c’est une appellation minuscule. Certains domaines bordelais couvrent à eux seuls la surface de tout le cour-cheverny.
Le vin
Uniquement du blanc, sec ou moelleux. Robe à reflets dorés, arômes fruités avec des notes de miel et d’acacia, bouche vive et finale longue.
Sa particularité la plus remarquable est la garde. Là où l’on attend d’un petit blanc de Loire qu’il se boive dans les trois ans, le cour-cheverny tient couramment dix ans, et les grands millésimes peuvent aller bien au-delà. C’est ce qui en fait un vin de curieux — et un excellent cadeau pour qui croit connaître les vins de Loire.
Service autour de 10 °C. Il accompagne les poissons et les fruits de mer, et l’accord local avec les fromages de chèvre du secteur fonctionne remarquablement.
Ne pas confondre
Cheverny et cour-cheverny sont deux appellations distinctes, sur un territoire qui se recoupe. Cheverny produit des blancs, des rouges et des rosés à partir de plusieurs cépages ; cour-cheverny ne produit que du blanc, à partir du seul romorantin. La confusion est fréquente, y compris chez des cavistes.
Sources
- INAO — fiche produit Cour-Cheverny (date de reconnaissance, cépage, aire, organisme de défense)
- Cour-cheverny (AOC) — Wikipédia) (communes, surfaces, volumes, rendements)
Informations vérifiées le 28 août 2026.
