Prairies party

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Les minuscules du Fouzon

Une flore remarquable distingue les prairies du Fouzon, avec quatre espèces protégées en France, douze qui le sont en région Centre et trente-six espèces patrimoniales recensées. Des « simples », peu gourmandes en nutriments, discrètes à l’image de la gratiole officinale, de la gentiane pneumonanthe ou des nombreuses orchidées présentes sur le site. À cette flore s’ajoute une faune tout aussi remarquable dont font partie le courlis cendré, le pouillot fitis, le pique-prune ou encore le cuivré des marais. Un papillon aux ailes d’un orange profond. 

Le site naturel protégé des prairies du Fouzon se situe à 40 kilomètres de Blois. Il s’étend sur cinq communes : Châtillon-sur-Cher, Couffy, Meusnes, Seigy et Selles-sur-Cher. Le Conservatoire d’espaces naturels (CEN) de Loir-et-Cher en possède plus de 230 hectares en propriété sur un total de 1 800 ha de prairies. L’endroit est accessible au public. Il fait l’objet de sorties régulières. La prochaine à inscrire à son agenda se déroulera le week-end des 17 et 18 mai, à partir de 14 h 30 le samedi et dès 9h le dimanche.

Des espèces rares d’oiseaux et de papillons

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Le courlis cendré, oiseau rare, apprécie les grandes prairies du Fouzon.

Une flore et une faune remarquables peuplent cette zone naturelle classée Natura 2000, Espace naturel sensible et labellisé « paysage de reconquête ». Le courlis cendré, un oiseau rare présentant un intérêt européen, apprécie ces grandes étendues d’herbe. Il y niche ainsi que la pie-grièche écorcheur, un passereau à bec crochu et au loup noir qui se constitue un garde-manger… très particulier. « Il aime les buissons d’épineux afin d’empaler ses proies sur l’une de leurs épines », raconte Emeric du Verdier, chargé de mission coordinateur du CEN 41. Sa façon à lui de se faire des brochettes, en somme ! Tout « mimi », le tarier des prés vit là aussi. « C’est un passereau migrateur qui revient nidifier dans les prairies, à même le sol. La fauche des foins se fait en partie tardivement aussi pour lui. »

Le foin du Fouzon, un fourrage d’exception

Les écuries de courses parisiennes, le Zooparc de Beauval raffolent du foin du Fouzon. Un foin naturel qui doit sa qualité aux multiples graminés qui le composent. « Il pousse sur des terres qui ne sont pas travaillées, sans engrais, ni traitement. Ce sont les inondations naturelles du Fouzon et du Modon qui nourrissent sa pousse de leurs nutriments », souligne Jean-Claude Beauvais, retraité de l’agriculture et désormais bénévole au service du CEN 41. La fauche, volontairement tardive, n’intervient pas avant le 20 juin.

Trois appellations de fromages de chèvre

fouzon_prairiesÉleveur de chèvres dans le passé, l’homme connaît bien les qualités de ce foin qui continue de nourrir les troupeaux actuels. « Autrefois, les chèvres allaient au champ et passaient la journée à brouter ronces, buissons et herbage. Cela vous faisait des fromages parfumés et savoureux ! » Rien que d’écouter Jean-Claude Beauvais en parler, l’envie de manger du fromage de chèvre pour prend. Les trois appellations (Selles-sur-Cher, Sainte-Maure de Touraine et Valençay) sont d’ailleurs produites sur la zone. Les 17 et 18 mai, le public pourra en déguster à l’heure de l’apéro gourmand (le dimanche), préparé et offert par le foyer rural de Couffy…

Des traditions agraires disparues ou presque

Le bénévole sera présent lui aussi. Il parlera des habitudes agraires d’autrefois. « Un système de barrage avait été mis en place sur le Fouzon et le Modon pour inonder artificiellement les prairies et réaliser ainsi deux coupes de foin chaque année », dit-il. Deux de ces barrages existent toujours, « ils sont d’époque et servent encore ! »

Info +
Sortie « Découvertes Au cœur des prairies du Fouzon » des 17 et 18 mai
Le samedi 17 mai, découvertes à 14 h 30 et 20 h ; le dimanche 18 mai, à 9 h, 12 h et 14 h. Rendez-vous au stade de Couffy.
Plus d’infos au 02 54 58 94 61 ou www.conservatoiresites41.com

Comment accéder au site ?
L’accès au site (situé à 40 km de Blois) se fait par la RD 17, entre Couffy et Meusnes. Emprunter à pied ou à vélo le chemin de Pointeau en restant sur les chemins pour respecter les prairies.

Quelles sont les périodes propices ?
Les mois les plus favorables à l’observation sont les mois de mai, juillet et septembre.

© Claude Picoux

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