Les départements dans la tempête

5 J'aime

Ajouter un commentaire

Comme de très nombreux Départements français, le Loir-et-Cher est contraint de repousser le vote de son budget au mois de mars. Une première ! Conséquence d’une pression financière inédite sur les Conseils départementaux et d’un flou sur les aides promises par l’État pour compenser l’explosion de la demande sociale.

Les Conseils départementaux en alerte

en_chiffreBons et mauvais élèves se trouvent désormais tous dans une situation critique. Tous les Conseils départementaux sonnent l’alarme, qu’il s’agisse du Loir-et-Cher – dont la bonne et saine gestion était saluée à l’automne dernier par la Chambre régionale des comptes et par le Premier Président de la Cour des comptes, Didier Migaud – ou de la Seine-Saint-Denis, désormais incapable d’inscrire dans son budget 2016 l’intégralité des mois de versement du RSA. Cette situation est la combinaison de plusieurs facteurs explosifs : hausse continue du nombre de bénéficiaires du RSA dont les Conseils départementaux ont la charge ; baisse des dotations de l’État, soit 40 millions d’euros (M€) pour le seul Loir-et-Cher en quatre ans ; transferts successifs des aides sociales non compensés de l’État aux collectivités, soit 282 M€ que l’État doit au Loir-et-Cher.

Des perspectives financières floues

Comme le rappelait le journal Les Échos en date du 14 janvier : « En 2016, les prévisions nationales de croissance du RSA dépassent 7 %.
Conjuguées à une nouvelle baisse des dotations, elles promettent un effet ciseau terrible pour 30 à 40 départements. » De même, l’Assemblée des Départements de France est claire : 70 à 80 Départements, dont le Loir-et-Cher, ne pourront pas boucler leur budget en 2017. Face à cette situation, le Gouvernement a promis une aide d’urgence aux Conseils départementaux et réfléchit à une renationalisation du RSA. Les négociations sont en cours et, à l’heure où est écrit ce dossier, aucune mesure du Gouvernement n’a été annoncée. Sans perspectives claires, impossible pour les Départements de voter des budgets honnêtes et réalistes. Seule certitude, si rien ne change, beaucoup de Conseils départementaux seront bientôt dans l’impasse.

 

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *